vendredi 1 avril 2011

Lettre ouverte


Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes.
 Rosa Luxembourg










• UPDATE IN ENGLISH FURTHER DOWN


• Signez la PÉTITION qui appelle à des États Généraux du jazz !




 • Attention à tous ceux qui veulent poster - ou lire - des commentaires ; le système n'affiche que 200 commentaires par pages, et par conséquent il faut utiliser les liens suivant et précédent. C'est pourquoi, si vous venez d'écrire un message, il n'apparaîtra pas dans les premiers 200 commentaires. En outre, il n'est pas possible de publier de long commentaires. Par conséquent, et pour éviter que votre texte soit perdu quand vous cliquerez sur "publier", il est vivement conseillé de l'écrire sur un logiciel de traitement de texte, et de le copier-coller en plusieurs parties dans le champ du commentaire.



mise à jour du 19 avril :

Bonjour à tous,

Comme suggéré par certains d'entre vous, j'ai mis en place une mailing-liste - grâce à mon frère Nicolas, excellent  webmaster a qui je dois beaucoup - qui permettra aux abonnés de recevoir des mises-à-jours, des informations relatives au débat lancé ici, à la réunion à venir, et à toutes initiatives qui en découleront. Cette adresse est aussi un moyen de continuer le débat hors du blog puisque toute personne qui écrira un mail l'enverra à tous les autres abonnés.

L'adresse pour s'inscrire est { membres-subscribe@revolution-jazzmin.org }Après y avoir adressé un mail (inutile de mettre un objet, ou de rédiger un courrier), vous recevrez une réponse avec un lien où vous devrez vous rendre pour votre inscription. Pour m'écrire directement, utilisez l'adresse { contact@revolution-jazzmin.org } et si vous voulez poster un lien sur vos sites ou facebook, l'adresse du site est { www.revolution-jazzmin.org } Sur chaque courriel de cette mailing-liste figurera un lien pour vous désinscrire.

La réunion du 15 mai s'annonce bien. Déjà beaucoup de confirmations de participations. C'est encourageant. La lettre de la FSJ ce matin l'est aussi
(voir dans les derniers commentaires). L'idée de mettre en place des États Généraux du Jazz en France, avec tous les acteurs de cette musique (musiciens, programmateurs, producteurs, diffuseurs et mélomanes) et les pouvoirs publics semble aujourd'hui une évidence. Si la réunion du 15 mai permet de faire émerger une voix audible de la part des musiciens avec des idées et des revendications clairs, cela ne pourra que renforcer une initiative plus importante d'une grande table ronde qui serait organisée dans un avenir proche. Ce qui est manifeste aujourd'hui, c'est que, grâce à la prise de parole d'un grand nombre d'entre nous, les choses bougent.

Je tiens à éclaircir ici - pour une énième et dernière fois - plusieurs points :

- Le nom de révolution de Jazzmin est un clin d'oeil. Loin de moi l'idée de comparer nos souffrances à celles des populations arabes qui se sont - et sont encore en train de se - soulevées. Il n'en demeure pas moins que ces mouvements collectifs sont une inspiration incontestable, et la réaffirmation d'une vérité absolue : l'union fait la force.

- Vous ne lirez nulle part - ni dans mes lettre ouvertes, ni dans mes commentaires - que je me plains de ne pas jouer au DUC. Pour la simple et bonne raison que... j'y joue ! (ou plutôt y jouais jusqu'à la création de ce blog...). Je ne me suis pas plaint non plus que ma proposition d'émission n'ait pas été retenue. Je me suis plaint du silence intolérable de Sébastien Vidal après lui avoir envoyé un deuxième pilote. Silence qui traduit parfaitement le manque de considération qui se généralise dans ce métier. Je suis parti de cet énième épisode pour dénoncer des dérives qui ne sont plus tolérables aujourd'hui, mais dont nous sommes nombreux à souffrir depuis longtemps.

- Sébastien Vidal, le Duc et TSF ont été pris à parti parce-qu'ils occupent une position dominante dans le paysage du jazz français. Ni plus ni moins. Vous ne trouverez aucune attaque personnelle dans mes lettres ouvertes et posts. Simplement la remise en cause de cette position dominante et des abus qu'elle entraîne. Je suis d'accords avec ceux qui disent que ce ne sont pas les seuls et qu'il ne faut pas trop se focaliser sur eux. Certes, mais n'oublions pas qu'il y a trois semaines, nous étions encore dans un silence assourdissant. Il y aura un avant et un après.

Force est de constater aussi qu'un grand nombre de personnes, organismes, associations, collectifs, œuvrent à assurer la diffusion du jazz dans sa grande diversité. La lettre de FSJ est là pour nous le rappeler, et aussi des collectifs de jeunes musiciens comme Pavé Jazz, par exemple (mais il y en a d'autres). Ce sont vers eux qu'il faut se tourner pour transformer cet élan en action positive et concrète. Cela ne se fera pas en un jour. L'idée encore une fois étant d'aider à la diffusion et la promotion du Jazz dans TOUTES ses formes d'expressions, variées, riches et vivantes, tous styles, et toutes générations confondus. Je suis convaincu qu'il faut que s'ouvre un lieu à Paris qui soit plus accueillant afin que ces échanges se produisent avec le public de manière plus facile. Ce lieu manque cruellement aujourd'hui. Il ne se positionnera pas en concurrence avec les clubs de la rue des Lombards puisqu'il n'adoptera pas du tout les mêmes modes de fonctionnement.

Continuons de réfléchir afin de venir avec des idées et des propositions le 15 mai.

Et que vive le printemps.

Laurent.




• ILS EN PARLENT...


- Pierre de Bethmann a publié sur son journal un long texte très intéressant suite au débat qui s'est tenu ici ; http://pierredebethmann.com/fr/journal.html#
- Interview dans Politis du jeudi 14 avril : http://www.politis.fr/Le-souffle-de-la-rebellion,13794.html
- Article paru dans le Monde daté du jeudi 14 avril : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/04/13/gros-malaise-chez-les-musiciens-de-jazz_1507011_3246.html
- Sur le blog du pianiste Stephen Binet ; http://www.stephenbinet.fr/?p=291
- Sur le blog d'Alex Dutilh ; http://sites.radiofrance.fr/francemusique/blog/alexdutilh/  
- Sur le blog de Jazz-Rhone-Alpes : http://www.jazz-rhone-alpes.com/110418/
- Interview en ligne sur le blog de Guillaume Lagrée. http://lejarsjasejazz.over-blog.com/article-le-jazz-en-france-inventaire-avant-liquidation-71073940.html
- Sur le site Qobuz : http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/CURIOSITES/Polemique-dans-la-jazzosphere55555
- Sur le blog de l'excellent photographe Juan Carlos Hernandez : http://juancarloshernandezjazzphotographer.blogspot.com/2011/04/laurent-coq.html 
- Sur le blog Ptilou's (Le Monde) : http://cooldesource.blog.lemonde.fr/2011/04/07/le-jazz-musique-bien-vivante-mais-a-defendre/
- Sur le blog JazzOcentre :  http://www.nrblog.fr/jazzocentre/2011/04/laurent-coq-vs-tsf-jazz-ca-balance-pas-cool-a-paris/
- L’hebdomadaire Politis en parle (longue ITW à venir la semaine prochaine) :
http://www.politis.fr/Un-coup-de-gueule-contre-le%E2%80%88Duc,13718.html
- Bojan Zulfikarpasic en parle dans La Voix du Nord (interview de Hélène Gasparini) : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoing/actualite/Secteur_Tourcoing/2011/04/07/article_bojan-z-en-piano-solo-au-tourcoing-jazz.shtml
- Sur le très bon Blog canadien (en anglais) de Peter Hum : http://communities.canada.com/ottawacitizen/blogs/jazzblog/default.aspx
- Toujours en anglais, sur le site LondonJazz : http://londonjazz.blogspot.com/2011/04/jazz-debate-in-france.html 
- En italien, sur le blog MondoJazz : http://blog.libero.it/MondoJazz/10110935.html 


• Deux messages dans les commentaires ont été postés de manière frauduleuse par une personne qui cherche manifestement à nuire à cet espace de parole. L'un était signé de Jeff Watts et l'autre de Bob Mintzer. Ils ont tous deux démentis la véracité de ces commentaires, et je tiens à leur présenter mes sincères excuses.

• Two messages where posted on the comment section that both were a masquerade. One was signed Jeff Watts, the other was signed Bob Mintzer. I want to publicly and sincerely apologize to them for the trouble these fraud has caused them. 


Laurent.







Amis musiciens, programmateurs, et mélomanes,

Suite à l'échange de courriels avec Sébastien Vidal (responsable de la programmation à la radio TSF Jazz, au club du Duc des Lombards, et au festival Django Reinhardt de Samois) qui ont circulé sur la toile toute la semaine, et que vous pouvez lire plus bas, je reçois chaque jour un plus grand nombre de soutiens.

Au delà du plaisir de constater une telle ferveur, force est de constater aussi que ce coup de gueule - violent et immodéré j'en conviens, comme le sont les coups de gueule - est en train de libérer une parole. Depuis quelques jours s'expriment toutes les frustrations que nous tous, les musiciens de jazz de tous âges, de tous styles et de toutes conditions sociales, vivons au quotidien dans un climat qui ne fait que se durcir davantage chaque année.

Il m'apparaît donc aujourd'hui nécessaire d'ouvrir cet espace public pour que cette parole puisse s'exprimer en toute liberté.

Il n'est pas question de s'attaquer aux personnes, et je tiens à dire ici que cette lettre ouverte ne visait aucunement le personnel qui travaille au Duc comme à TSF, et qui ne compte pas ses heures.

Il est temps de dire néanmoins une chose toute simple, tellement qu'elle semble oubliée d'un grand nombre de nos décideurs : ne pas assumer ses responsabilités (comme prendre le temps de répondre aux sollicitations normales quand on occupe un position de programmateur) ne saurait être excusé par le nombre de celles-ci. C'est précisément pour cela qu'il est préférable de ne pas trop les cumuler.

Plus généralement, il s'agît aussi de dénoncer une dérive dans la manière dont on présente cette musique au grand public, en cherchant à la formater pour la conformer à des méthodes de ventes qui sont à l’œuvre dans la pop ou la variété. C'est contre-nature et contraire à l'esprit de cette musique qui doit rester libre dans ses formes multiples.

Il ne nous faut jamais oublier que la musique, c'est nous qui la faisons, et qu'elle nous appartient en propre. Sans nous, point de clubs de jazz et point de TSF. C'est parce-que nous serons nombreux à redire cette évidence que nous aurons une chance d'être entendu.

Je constate d'ailleurs ce triste paradoxe ; alors que les albums ne se vendent plus du tout (les chiffres n'ont jamais été bien florissants de toute façon), notre salut n'a jamais autant dépendu de nos sorties de disque. Peut-être qu'il est temps aussi de se pencher sur cet étrange phénomène qui laisse tant de musiciens magnifiques sur le bord de la route.

Pour finir, j'ai voulu mettre dans l'adresse de ce blog "Révolution de Jazzmin". C'est un clin d’œil bien sur, mais je ne doute pas que vous êtes nombreux comme moi à avoir été inspirés par les mouvements de révoltes récents de nos voisins arabes.

Ils nous redisent cette magnifique évidence ; L'union fait la force !!!

Laurent Coq.


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UPDATE, March 4, 2011.

Spring is here.

To our friends who don't speak French, and yet like to SPEAK UP ;

This blog was created after I wrote an open letter to Sébastien Vidal who books the Duc des Lombards in Paris, but who is also on charge of the only "JAZZ" radio in Paris called TSF Jazz. He also books the Django Reinhardt Jazz Festival in Samois-sur-scène, near Paris.

A little bit more than a month ago, I made him an offer : to host a weekly late night show on his radio that would document the amazing scope of Jazz music that is being played and created in NYC right now, with so many genres, influences and musicians of all backgrounds, ages, and styles interacting and making this time a truly special one. So much music that this French radio hardly plays at all, despite claiming otherwise. Sébastien asked me to do a pilote, and I did, which involved a lot of time. After listening to it, he asked me to do another one... so I did, yet again, spending even more time. More than three weeks later, Sébastien hasn't return my calls, or emails yet.

I have been trying to get a hold of him for other issues as well, such as a CD release party that my very good friend Sandro Zerafa, beautiful guitar player, and booker for the Malta Jazz Festival, was trying to get since... JULY. Again, no answer.

So I wrote him a quite vicious open letter, I must say. I just felt in my guts that it was the right thing to do because I wanted to denounce an ever growing arrogant and disrespectful attitude. He could have just said no, but silence is just unacceptable.

More generally, it was also time to voice a disagreement with the way I feel jazz is being marketed these days, and the negative effect it has on the music. TSF Jazz is using jazz as a franchise to sell more commercials and make money, without any regard for the efforts it took for this music to come alive, especially by the pioneers and masters we all love, but also for many of us today, from the youngest to the older. Enough is enough. Time has come for musicians to reclaim their music and to say NO to all kind of deviant practices that are killing the essence of what we do.

Maybe we have our share of responsibility in this. Could it be that we got a little too busy selling our narrative on Facebook lately, and have forgotten that this music should remain about freedom, community and depth ? Can you imagine Thelonious Monk twitting "London, 8:00, Jetlag" ?

I say it's time to wake-up, and voice our unity, regardless of age, style, social background, and say THIS MUSIC BELONGS TO US. Facebook can be a very powerful tool though, if only we join our forces and voices...

That is precisely what this blog is all about. It's about us, the jazz musicians of all kind out there, and those who really love them (journalists, bookers, producers and most importantly JAZZ LOVERS).

So be our guest and post (in english of course) your comments, thoughts, frustrations and ideas, like many of us already did.

Please, absolutely NO HATE (or it'll end up in the trash can of this blog).

We are looking forward to reading all of you.

Laurent.

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Les échanges avec Sébastien Vidal (avec toutes les fautes d'orthographes originales !);



• mom premier mail

Sébastien,

Il est venu le temps pour moi de t'alerter sur ce que je pense être une dérive inquiétante.

Je passe sur le fait que tu ne répondes pas aux emails, messages, et propositions qui, en ce qui me concerne, m'ont demandé du temps et de l'investissement... je conçois que lorsque l'on organise des "concerts de filles" à l'Olympia, on ait plus trop le temps de s'occuper de musiciens français quarantenaires qui ne sont pas bankables ni sexy aux yeux des investisseurs de TSF. Dommage pourtant, car ma proposition (de faire une émission hebdomadaire sur TSF d'une heure pour passer la production New-Yorkaise contemporaine) aurait permis à votre boite de clamer passer "tous les jazz" sans mentir.

Non, mon inquiétude concerne le Duc des Lombards. Pour y avoir joué quelques fois ces derniers temps, et surtout pour y avoir été écouter de la musique, je suis obligé de tirer la sonnette d'alarme. Après tout, ce club, c'est aussi un peu le mien. J'y ai enregistré un disque il y a dix ans, et j'y joue depuis au moins le double.

Pourtant, je pensais qu'après la période désastreuse de Proust, l'endroit allait redevenir un allier de cette musique. Peut-être est-ce du à l'endroit lui même ? Cette espèce de décors minable pour clip de rap des années 90 ? Quoiqu'il en soit, c'est raté. Et votre programmation ni fait rien. Ne m'a-t-on pas rapporté que Brian Blade s'est mis à pleurer discrètement sur scène après avoir demandé aux gens du premier rang de manger plus discrètement, en vain ?

Le Duc, le club qui a réussi à faire pleurer Brian Blade.

Finalement, la différence avec Eurodisney, c'est que c'est au centre de Paris. Sinon, c'est le même public de comité d'entreprise qui vient en bus pour écouter un Bon jazz, avec la même bouffe infecte qu'on n'oserait pas servir au wagon restaurant du TGV. Le décor est tellement énorme que le seul endroit qui reste aux musiciens c'est ce couloir d'entrée dont le plancher flottant rappelle les sensations qu'on a sur un bateau, avec un son qui nous parvient déformé, et sans accès au bar. Ces écrans partout ne font que renforcer l'impression d'être sur un plateau de télé, avec le groupe qui joue en léger différé...

J'ai bien conscience qu'en envoyant ce mail à toi, et à quelques autres, je me grille. Du reste n'est-ce pas déjà fait, puisque j'entends dire que tu n'acceptes pas que les musiciens qui jouent "chez toi" jouent aussi ailleurs dans la rue des Lombards. As-tu définitivement pété les plombs ? Sais-tu la dureté de ce métier pour te permettre de penser et dire des choses pareilles ? Crois-tu qu'un gig tous les trois mois (au mieux) au Duc te permette d'exiger une telle exclusivité ? Même à NY, personne ne pense comme ça.

Plus largement, je pense que cette manière de voir les choses - et le Duc tel qu'il est devenu - trahissent une dérive très inquiétante. Bien sur, dans ce petit monde à l'économie si fragile, ce sont des choses qu'on n'ose pas (te) dire. Les enjeux sont trop gros, et la perspective d'être raillé des listes pousse au silence docile. Te connaissant maintenant depuis assez longtemps, et par ailleurs, ayant de la sympathie pour toi, prends ce message comme une marque d'honnêteté.

Il est grand temps de prendre conscience que le jazz est entrée en mode Sarkozy. Une manière Bling-bling de le présenter et de le vendre, qui voudrait adopter les même méthodes que pour la variété qu'on sert sur M6. Et bien, non. Le Jazz ne peut supporter pareil traitement sans en pâtir gravement. C'est malheureusement déjà le cas, et je constate avec beaucoup de tristesse que tout un pan - le plus créatif - de cette musique n'a plus droit de cité ni sur la scène du Duc, ni sur les ondes de TSF, ou alors à dose homéopathique.

Je comprends qu'il faut trouver un bon dosage entre ce qui fait vendre et par conséquent rapporte, et ce qui continue de faire avancer cette musique. Pour ma part, je pense que ce dosage n'est pas satisfaisant en l'état actuel.

J'espère que ce mail lancera un débat qu'il est plus que temps d'avoir à mon sens. C'est notre musique qui est en jeu et j'en appelle à un sursaut de la part des musiciens comme des programmateurs.

Amicalement,

Laurent Coq.

PS ; je suis bien sur prêt à en parler de vive voix avec toi.




• sa réponse


Laurent

Nous t'avons toujours accueillit au duc avec plaisir et à de nombreuses reprises.
Ce sera encore le cas à l'avenir si tu souhaites t'aventurer dans notre "Disneyland Jazzistique".

J'entends bien quand tu dis que tu n'aimes pas cet endroit, libre à toi, mais sache que nous n'avons pas de compte à te rendre.

C'est la même pour TSFJAZZ.

Pour les demandes d'exclusivités, demande aux intéressés l'intégralité de nos propos et arrête de colporter des bruits chiottes indignes de ton intelligence.

Nous programmons alternativement des artistes avec toutes les salles parisiennes.
Nous proposons des résidences mensuelle à certain d'entre eux, quand c'est le cas, oui, nous souhaitons avoir une certaine exclusivité.

C'est le cas entre autre pour Baptiste Herbin.

Par contre si tu compares notre programme avec ceux de la rue des Lombards, tu y verras pas mal de points communs de Gregory Privat à Thomas Encho en passant par Giovanni Mirabassi...

bref. On se calme. On respire, on en cause si tu veux.

Bien à toi

Sébastien Vidal.



• ma réponse




Laurent

Sébastien,


Nous t'avons toujours accueillit au duc avec plaisir et à de nombreuses reprises.

Deux soirs en tout et pour tout.

Ce sera encore le cas à l'avenir si tu souhaites t'aventurer dans notre "Disneyland Jazzistique".

Mon mail ne visait à me faire jouer là-bas plus souvent. C'était une lettre ouverte, un coup de gueule, pour alerter sur une dérive qui porte préjudice à un grand nombre de mes amis musiciens, et parmi eux, les plus jeunes, et par conséquent à la musique elle-même. Tu n'es pas obligé de me croire, mais je ne tentais pas de défendre mes petits intérêts personnels.

Ni d'ailleurs quand je te propose de diffuser la production de mes pairs sur les ondes de TSF, une heure par semaine. Je ne suis pas en train de dérouler mon plan de carrière, mais je veux juste essayer de rétablir un tout petit peu d'équilibre.


J'entends bien quand tu dis que tu n'aimes pas cet endroit, libre à toi, mais sache que nous n'avons pas de compte à te rendre.

C'est la même pour TSFJAZZ.

Là encore je suis en profond désaccord avec toi. Quand on concentre autant de pouvoir, il faut accepter ;

1/ d'être soumis à la critique, surtout quand celle-ci vient de l'intérieur. J'estime avoir toute la légitimité pour le faire. J'ai joué dans cette rue un nombre incalculable de fois depuis 20 ans, j'ai huit disques comme leader à mon actif, sans compter d'innombrables collaborations, et j'enseigne cette musique activement.

2/ d'avoir des comptes à rendre à la musique et aux musiciens qui la font et qui te font vivre. Il en va de même avec la télé. Si il n'y avait que TF1, cette chaîne aurait un devoir de pluralité que son seul statut d'entreprise privée et mercantile ne suffirait pas à l'en dispenser.


Pour les demandes d'exclusivités, demande aux intéressés l'intégralité de nos propos et arrête de colporter des bruits chiottes indignes de ton intelligence.

Nous programmons alternativement des artistes avec toutes les salles parisiennes.
Nous proposons des résidences mensuelle à certain d'entre eux, quand c'est le cas, oui, nous souhaitons avoir une certaine exclusivité.

Tu es de mauvaise fois quand tu dis cela. J'ai trop de témoignages qui contredisent cette affirmation pour te croire. Je pense que face à une situation qui devient hégémonique, tu prends des libertés qui sont intolérables, et il est grand temps que quelqu'un le dénonce publiquement.


C'est le cas entre autre pour Baptiste Herbin.

Par contre si tu compares notre programme avec ceux de la rue des Lombards, tu y verras pas mal de points communs de Gregory Privat à Thomas Encho en passant par Giovanni Mirabassi...

bref. On se calme. On respire, on en cause si tu veux.

On respire... de plus en plus mal.

La première fois que j'ai joué dans les clubs de rue des Lombards, Sunset ou Duc, je n'avais pas de disque sous mon nom. C'est aujourd'hui impensable. C'est aussi cela que je dénonce.

Car en définitive, le musicien dans la Sarkozie-TSF d'aujourd'hui se doit d'avoir toujours une "actualité", c'est-à-dire un disque qui vient de sortir (ou est sur le point de), d'avoir une mailing list énorme qui lui assure de remplir le lieu où il se produit, de s'occuper de son auto-promotion (si c'est un bon story teller, et qu'on peut le présenter de manière sexy, c'est encore mieux. Si il est TV friendly tous les espoirs sont permis), de passer sa vie sur Facebook et Twitter, sinon il est invisible, et d'accepter le dictât d'une exclusivité dans ton club, juste pour le bénéfice d'y jouer une fois par mois devant une salle bruyante. Ah, j'oubliais, c'est pas mal si il trouve le temps de travailler son instrument, de répéter, etc.. mais, dans ce contexte, au l'aura compris, ce n'est pas l'essentiel.

Oui, décidément, on étouffe.

La réalité, c'est que des gens comme Thelonious Monk, Andrew Hill, Steve Coleman, Tyshawn Sorey, Sam Rivers, Steve Lehman, Paul Bley, George Russell, late John Coltrane, Herbie Nichols... etc (je m'arrête, la liste est trop longue) n'auraient aucune chance aujourd'hui avec la politique de programmation qui est à l'oeuvre au Duc, comme sur TSF.... Tiens, je serais curieux d'ailleurs de connaître la fréquence de programmation de ces artistes sur ta radio ?

Encore une fois, si tu ne concentrais pas autant de pouvoir à toi tout seul, je te laisserais tranquille bien volontiers. Quand je pense qu'on va tous jouer gratuitement un fois par an à l'Olympia pour faire la promotion de ta radio juste dans l'espoir d'obtenir une play list... toute cette soumission pue.

Mais au fait, qu'en pensent les journalistes spécialisés ?

Laurent Coq.




MISE À JOUR.
Ci-après les échanges que j'ai eu avec le boss de TSF Jazz et de NOVA, Bruno Delport. Il avait réagit aux courriels ci-dessus, d'abord en nous écrivant juste à Sébastien et moi. Il vient de me contacter pour les publier sur ce blog.
Donc les voici ;


• son premier email.

Bonjour
Je me permets d’entrer – en tant que patron de TSF Jazz depuis le 1er jour – dans votre discussion.

Après lecture de vos mails, je trouve bien dommage  votre vision si caricaturale de notre travail (celui de Sébastien - et de toute l’équipe soit dit en passant -, que ce soit à la radio ou au Duc), et votre manière de lancer le débat  est parfaitement contre-productive. Tellement de choses simplement fausses ou fantasmées, mais balancées comme des vérités (enfin, quelqu’un ose parler !). La méthode est super limite. Donc je vous propose d’en rester là, je me débrouillerai bien tout seul de la question de responsabilité qui incombe à un média.
Cordialement,

Bruno Delport
Gérant TSF JAZZ - (depuis août 1999)

 
• ma première réponse.

Monsieur,

Vous ne décidez pas tout seul de la teneur d'un débat, ni de quand il doit se terminer. N'oubliez jamais que cette musique, c'est nous qui la faisons. Tous les musiciens des années passées que vous programmez sur TSF ont connu les mêmes difficultés que nous. Ce n'est pas nouveau. Le jazz, c'est nous. 

Et nous, c'est toute une cohorte de musiciens de tous styles, toutes conditions, et tous âges qui ont de plus en plus de difficulté à se faire entendre, coincés qu'ils sont dans un tunnel sans lumière avec d'un côté un tout petit nombre d'élus signés sur des gros labels et qui font une musique TSF friendly, et de l'autre ceux qui passent leur vie à monter des dossiers de subventions.

TSF est cette radio qui prétend diffuser tous les jazz et ne répond pas aux messages, ni ne réagit aux envois de disques, quand ceux-là ne sont pas le fait de grosses productions ou de copins.

Pour finir, je regrette bien que votre réponse pour le moins lapidaire ne me soit adressée qu'à moi et Sébastien. Je vous laisse l'initiative - et le courage - de le diffuser aux personnes qui étaient en CC dès le début de ces échanges. Dans ce cas, je vous pris d'y adjoindre ma réponse.

Dans le cas contraire, je me réserve le droit de la faire.

Laurent Coq.
Musicien - (depuis - et pour - toujours)


 
• Sa réponse

Faites comme bon vous semble. Personne ne vous interdit rien. Personne ne vous empeche de debattre. Mais je ne vois pas pourquoi je debattrai avec quelqu'un qui commence par l''agression, la mise en cause d'une personne et qui m'explique que nous ne sommes rien. Si nous ne sommes rien, ou est le problème? D'ailleurs avant nous, il y avait quoi ? Encore une fois vous avez le droit de penser que le jazz ce sont juste les musiciens. Nous n'avons jamais pretendu a l'exhaustivite. Nous n'avons pas de mission de service public. Nous ne sommes qu'une radio et qu'un club. Nous n'avons jamais empeche quiconque de faire de même. Mais nous continuerons d'etre independants dans nos choix tout comme vous en faites dans vos choix artistiques. Ca peut vous deplaire parfois ou souvent mais c'est comme ca. Quant aux couplets sur les gros et les petits, les copains et les exclus, c'est juste grotesque. Mais je sais que les cliches ont la vie dure.
Bruno Delport


• ma réponse (depuis, plus rien)

Monsieur,

Je garderai nos échanges entre nous. Je ne cherche pas la polémique contrairement à ce que vous et Sébastien pensez.

Je ne mets nullement en cause le travail des équipes du Duc et de TSF que je sais très dévouées et qui ne font que se plier aux instructions qui leur sont données. Je mets en cause Sébastien Vidal et les entreprises qu'il représente. Ce n'est pas exactement la même chose, vous en conviendrez.

Je n'ai pas exactement commencé par ces emails, puisque mes problèmes avec votre radio et Vidal remonte à loin. Il se trouve que récemment, je lui ai fait la proposition d'animer une émission d'une heure sur TSF qui s'intitulerait Jazz is Now. Au delà de la référence au disque historique d'Ornette Coleman, il s'agissait pour moi de présenter - sur une radio qui a acquit une grosse écoute - toute un production FLORISSANTE qui n'a pour l'heure pas de droit de cité, ou alors à dose homéopathique.

J'ai encore écouté la radio ce matin. Le seule truc contemporain que j'ai entendu, c'est Tigran dont le morceau est coupé.

J'en ai parlé à Sébastien qui m'a demandé de faire un pilote. Je lui envoyé, il l'a écouté, et m'a proposé d'en refaire un autre pour retravailler ma diction, ce que j'ai fait bien volontiers, admettant que la radio, c'est aussi un métier...

Je lui ai envoyé un deuxième pilote il y a plus de trois semaines, et depuis silence radio (sic). Comme vous vous en doutez, c'est une démarche qui m'a demandé du temps et de l'investissement.

Par ailleurs je lui ai laissé des messages concernant un guitariste, Sandro Zerafa, avec lequel je travaille et qui sort un disque magnifique ces jours-ci. Sandro essaye en vain de contacter Séb. Je n'ai pas eu plus de succès.

Je peux tout à fait entendre que mon deuxième pilote n'était toujours pas bon, et que décidément, ça ne marchera pas, ou que ce n'est pas possible de booker Sandro au Duc en ce moment.
Je ne peux pas accepter ces silences lâches. Au nom de quoi devrais-je le faire ?

Ne vous en déplaise aujourd'hui, oui, vous avez bien prétendu à l'exhaustivité, sinon que veut dire TSF, tous les jazz ?

Et ne vous en déplaise, Sébastien Vidal, par la concentration de ces prérogatives, est en situation de position dominante. Pour moi, il en abuse. Avec ces exigences d'exclusivité par exemple.

Par ailleurs, ne pas assumer ses responsabilités (comme prendre le temps de répondre aux sollicitations diverses) ne saurait être excusé par le nombre des celles-ci. C'est précisément pour cela qu'il est préférable de ne pas trop les cumuler.

Pour finir, je reconnais que la méthode était violente, et si j'ai blessé quiconque, je veux bien m'en excuser. D'autant plus que des blessures, j'en collectionné beaucoup.

Respectueusement,

Laurent Coq.


 • Attention à tous ceux qui veulent poster - ou lire - des commentaires ; le système n'affiche que 200 commentaires par pages, et par conséquent il faut utiliser les liens suivant et précédent. C'est pourquoi, si vous venez d'écrire un message, il n'apparaîtra pas dans les premiers 200 commentaires. 




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