mercredi 9 juillet 2014

Deliquescence

Après le Centre d'Information du Jazz, c'est au tour du Bureau du jazz de France Musique de devoir mettre la clef sous la porte suite à une décision de la nouvelle direction de la radio. Fondée au début des années 60, cette petite structure aujourd'hui dirigée par Xavier Prévost a considérablement œuvré pour la diffusion de cette musique en France. Grâce à une programmation très ouverte à l'égard de toutes les esthétiques du jazz, elle a permis aux auditeurs d'avoir accès à des musiques qui ne sont plus diffusées ailleurs. C'est-à-dire exactement la mission de service publique qu'on est en droit d'attendre de Radio France.

Xavier Prévost
Vont donc disparaître les émissions suivantes : Le Matin des Musiciens animé par Arnaud Merlin, Le Bleu la Nuit animé par Xavier Prévost, ainsi que Jazz sur le Vif qui retransmettait les concerts enregistrés à Radio France et au Festival de Montpellier.

Évidemment, cette décision n'a pas pu être prise sans l'aval du ministère de la culture dont on ne sait plus quoi faire pour qu'il prenne un peu en considération le jazz en France. Le rapport d'étape que nous avions remis au précédent cabinet, si il mettait l'accent sur l'absence de jazz sur les grands médias notait néanmoins ; Heureusement, il reste Radio France avec une vraie présence du jazz sur France Musique et Fip, et les deux heures dominicales maintenues sur France Inter. Le groupe de travail déplore néanmoins que la musique instrumentale, et par conséquent le jazz et les musiques improvisées, soient à ce point absentes des programmes de France Culture, France Bleu et du Mouv’.

Comment imaginer qu'à peine deux ans plus tard, j'aurais à écrire ces lignes ?

Une pétition a été mise en ligne, semble-t-il à l'initiative du pianiste Guillaume de Chassy. Signez-là ! Je note avec regret que cette pétition ne fait pas mention du travail collectif que nous avons mené pendant un an avec un groupe de travail qui rassemblait toutes les sensibilités, et du rapport qui dort depuis dans une armoire de la rue de Valois. C'est dommage.