mercredi 7 octobre 2015

Un éternel recommencement

C'est une vieille histoire. Ça t'arrive toujours après un moment passé dans un confort relatif, entouré des musiciens familiers qui peuplent ton quotidien ; les maîtres, et les contemporains qui continuent de porter cette musique toujours plus loin.

Car beaucoup des disques qui te parviennent - plus de 90% ? - tu sais que tu ne les écouteras pas deux fois, tant il leur manque quelque chose de fondamental. Une profondeur, un geste pure et authentique, un chant jamais maniéré, une connexion physique et spirituelle à la musique, loin des modes, des postures, des outrances grossières qui viennent saturer l'espace étroit que les médias accordent à cette musique. C'est pourquoi, tu reviens toujours à ceux qui continuent de t'inspirer, de te guider, de te botter les fesses.

Quand soudain claque la baffe qui tout au long de ton parcours est régulièrement venue te rappeler le chemin qui reste à parcourir : un gars dont tu connais l'existence, que tu as déjà entendu dans divers contextes, mais pas encore vraiment sous son nom. Il est entré dans ton radar, mais ne clignote pas encore tout à fait.

Ce jour-là, tu écoutes son premier disque sur Impulse. Un mélange d'originaux et de standards réarrangés. Et éclate alors cette évidence ; ce pianiste-là, tu vas le suivre longtemps. Il vient d'un coup d'intégrer la catégorie de ceux qui vont t'inspirer et te donner envie de reprendre à nouveau tous les fondamentaux.

Parce qu'il semble avoir résolu tous les problèmes, trouver toutes les solutions, et surtout proposer une musique à la fois universelle et infiniment personnelle, désormais, tu vas guetter les occasions d'aller le voir jouer sur scène et tu te réjouis déjà des moments magiques à venir.

C'est une vieille histoire qui, à chaque fois qu'elle se répète, frappe par sa fraîcheur.

Sullivan Fortner - Aria.