L'exception culturelle.

Voilà, la nouvelle est tombée. Le nouveau directeur de l'ONJ (Orchestre National de Jazz, il faudra de plus en plus le préciser) est Olivier Benoit. Un gars sans doute plein de bonne volonté, et que je ne connaissais pas jusqu'à cette nomination. Pourtant, à lire son portrait sur le site de l'AJON, l'association qui gère l'ONJ depuis le début, cet homme a déjà un solide parcours de chef d'orchestre. Je me suis alors empressé d'aller écouter son travail sur Youtube.


Quelle ne fut pas ma consternation de constater encore une fois le même désastre à l’œuvre : Tous ces musiciens aidés par les institutions et qui n'ont absolument encore rapport charnel au Jazz et à son histoire. Je n'entends rien dans cette musique qui justifie qu'on l'affuble de ce nom. De la musique improvisée oui, peut-être, mais du jazz ? C'est tout simplement un insulte à tous ceux qui ont consacré leurs vies (ici en France, et ailleurs dans le monde, et en particulier aux États Unis où elle est chez elle) à cette musique qu'on appelle encore Jazz aujourd'hui, et pour certaines raisons qui échappent visiblement à ce Monsieur comme à nos chères institutions.

Mais on voit bien les raisons de ce fiasco. Car ce qui importe ici, ce n'est pas tant l'amour du jazz, que l'idée qu'on s'en fait en France, dans les salons de la République ; une musique qui doit faire art, qui ne se conçoit jamais autrement que dans une logique de création. Pour cela, elle doit absolument revêtir tous les atours de la modernité (du moins l'idée qu'on s'en fait quand on est sourd), forcément en décalage, en rupture, forcément dérangeante, et si possible même pénible. Ce qui importe c'est la vitrine que l'ONJ se doit d'assurer et sa mission de service public (on en frémit). Et peu importe finalement que les mêmes institutions aient toujours loupé le coche et qu'elles soient systématiquement passées à côté des grands modernistes passés et présents. 

L'état va donc continuer de soutenir cette chose à raison de 800 000 euros par an (le premier budget pour le jazz) pendant que tant de musiciens jeunes (fraîchement diplômés d'écoles que l'état a encouragées à se développer) et moins jeunes (qui continuent de porter haut la tradition de cette musique, et quand je dis tradition, je pense à cet équilibre si précieux entre connaissance du passé, du présent et désir d'aventure, c'est-à-dire exactement l'esprit qui a toujours fait le jazz, dans toute se diversité passée, présente et future à l'image de l'immense Mulgrew Miller tout juste disparu et auquel cette nomination ne rend pas hommage) vont se prendre le mur de la réalité ; toujours plus d'offre, toujours moins d'opportunités.

Quasiment plus de labels, chute des ventes de disques, des lieux de moins en moins ouverts, une presse exsangue, et un public qui ne sait plus de quoi on parle quand on dit jazz. Car si du côté du secteur public et des institutions le jazz est perçu de plus en plus à travers le dictat ostracisant de l’œuvre contemporaine, que dire du secteur privé qui poursuit une tendance toujours plus marquée - décomplexée je dirais même - à ne promouvoir plus que le jazz bling-bling et TV friendly. Le jazzy.

Entre ces deux pôles exclusifs qui n'ont de liens que le nom jazz (et son usurpation), nous continuerons de poursuivre nos chemins. Car même dans cet entre-deux aride, il sont plus beaux qu'aucun autre. Mais ne nous demandez plus de faire semblant. Nous ne faisons pas partie de la même famille. Nous avons joué le jeu, avons convié tous le monde autour de la table pendant un an, le secteur public comme le privé, avons remis un rapport plein de propositions qui aujourd'hui prend la poussière dans une armoire de la rue de Valois, et cette nomination finit d'éteindre tout à fait nos espoirs de voir les choses bouger. Il faudra pour cela un mouvement d'une autre nature, un mouvement qui reste à inventer.


Commentaires

  1. C'est tout simplement insupportable. Je suis entièrement d'accord avec toi laurent, il faut inventer un nouveau mouvement pour espérer voir les choses bouger.
    Sans doute arrêter de penser qu'un ministère de la "culture" est capable d'entendre. Peut-être chercher à former une communauté avec des fonds privés. Il existe bien encore des mélomanes dans ce Pays qui peuvent soutenir une cause ???
    Et organiser des concerts "putsch" ... Pour se faire voir, et enfin se faire ENTENDRE !!! (bon évidemment pour nous pianistes plus dur d'aller dans la rue, mais on a toujours la possibilité de chanter !) Bref va falloir que l'on bouge ... Je pense que du côté de Lyon pas mal de musiciens devraient pouvoir se rassembler.
    Bon j'arrête là, je suis énervé en fait ...
    Éric Teruel.

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    1. @ Eric, mets toi au mélodica, c'est plus pratique pour la rue :-)
      Armel Bloch

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  2. Cher Laurent,
    J'ai HONTE de me réjouir de cette illustration que l'on ose appeler jazz...il fallait sûrement ça, cet imbroglio sonore sans intérêt pour que l'on puise retrouver clairement nos marques..et pouvoir dire une fois pour toute, haut et fort: non ce n'est pas du jazz...allez jouer dans d'autres cours, vous aurez peut-être un public à votre convenance, pourquoi pas.. mais n'usurpez pas notre musique.. ne malmenez pas notre histoire...je comprends parfaitement ton indignation..je suis horrifié d'avoir pressenti ça il y a maintenant quelques années.. j'ai longtemps eu espoir que les grands anciens disparus, la jeunesse prendrait tout simplement le relais dans le sillon de leur héritage...ces jeunes talents dont tu parles qui doivent se contenter de peu.. il faut vraiment avoir cette énorme musique rivée au corps.. et à l'âme (Body and soul)...doit-on se résoudre à admettre que le jazz a été la musique révolutionnaire du 20ème siècle ?...accepter toutes ces dérives de vocabulaire qui traduisent si bien les dérives musicales...gardons aux - et pas à-musiques de jazz leurs valeurs identitaires, leur sincérité...cette nouvelle mouture de l'ONJ est le pur produit d'un snobisme intellectuel de salon concocté entre soi..ne lâchons pas l'idée d'une marche en musique pour le jazz, pour les encartés et les autres...pourquoi pas !!..
    Salutations musicales...et jazzistiques..
    JP Bailay

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    1. "n'usurpez pas notre musique" tu me montreras l'acte de propriété,jean-Paul. "ne malmenez pas notre histoire"
      Tu as donc une histoire qui n'appartient qu'à toi. Il y a donc des autres qui n'y sont pas, qui ne sont pas dans ton monde, dans ton pays, dans ton quartier,dans l'histoire de ton pays... Montre-les moi. Ton discours est construit sur une rhétorique communautariste. Ton discours, c'est la mort du Jazz qui se crispe sur ses certitudes et ses croyances, ses codes et sa morale. Tu es dans la quête de la pureté, comme on le dit d'une race. Alors vas-y définis moi les critères de ce qui est du jazz ou de ce qui n'en est pas. Il ne peut pas y avoir de pureté dans l'art. Le processus créatif ne peut pas éviter les croisements de pensée. Le jazz est par essence et par naissance une musique hybride dont la force est justement d'avoir su trouver les ressources de sa survie dans le métissage. Le jazz, c'est la plus belle réponse à l'oppression raciale esclavagiste et clivante. Tu emploie le mot Jazz comme un contenant qui rassure tes croyances esthétiques.C'est juste une clôture autour de ta petite propriété intellectuelle.Ça ne sert à rien à la musique. En fait, c'est toi que ça isole du reste du monde. Ton discours sur le jazz est dangereusement sécuritaire, en fait. Tu pourrais dire. Le jazz, quand il en a un ça va, c'est quand il y en a plusieurs que ça pose des problèmes. je t'ai connu défendant une autre logique de discours qui à l'époque s'opposait de manière virulente à ceux qui soutenaient la logique dont tu te targues aujourd'hui. Une révolution malmène forcément l'histoire. même la tienne. Tu n'y couperas pas!
      Bien cordialement,
      F.Corneloup

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    2. La dernière personne qui m'a ôté les mots de la bouche s'appelle Alexandre Pierrepont ...ah non, ça c'était l'avant dernière, la dernière c'est vous Mr. Corneloup :-)
      Comme le disait Toni Morisson : "les définitions appartiennent aux définisseurs, non aux definis."
      Laissons ceux que le cadre, l'ordre et la structure rassure à leurs peurs de la liberté et faisons de la musique.
      PS à l'attention de Mr Le Coq (dont par ailleurs j'ai souvent apprécié le point de vue): "le champ jazzistique" d'Alexandre Pierrepont, c'est petit, ça se lit vite et c'est plutôt bien foutu.

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    3. Salut François,

      fait gaffe, j'ai des photos de tes début dans le ja... le rock et franchement si tu continues à enquiquiner mon papa je les envoi à JazzMag ! Non mais. Sinon je tiens à te rassurer que si Jean-Paul s'enflamme sur environ 25 lignes (la flemme de compter) sur le cas du nouvel ONJ il n'a rien perdu de son ouverture d'esprit et d'oreille pour autant même si tout cela est parfois brut de décoffrage. Je ne connait pas Monsieur Benoit mais je ne demande qu'a découvrir, c'est du jazz ?
      Jean-Philippe B.

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    4. (ouhlala les fautes ! sur d'autres forums il y aurait déjà une vingtaine de correcteurs bien intentionnés pour dégainer le stylo rouge)
      Jean-Philippe B.

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    5. François, quand même, le nouvel ONJ une révolution, tu y vas un peu fort là... Je sais pas si c'est une révolution, je ne sais même pas si c'est du jazz, car oui il faut passer par cette question et toutes les autres qu’elle soulève (l'aide à la "création" notamment, ses "missions")... Peut-être que ce n'est pas du jazz au final, qui sait, la querelle est dans le poulailler ( ?), pourra-t-on faire l'économie de cet éternel débat ? Pas sûr car ça s’appelle l’O.N.JAZZ. Par contre cette fois ci nous ne sommes pas dans la configuration raisins aigres-fines moisies, les anciens contre les modernes. Il serait même malsain et hors sujet de tomber dans ce piège grossier et pourtant certains commentaires laissent présager un tel glissement vers les plaisirs du manichéisme le plus...décomplexé. Les commentaires sur le blog sont l’œuvre de ces créatures hybrides : les ancidernes ? Les moderciens ? Je n'ai écouté que le petit extrait Youtube ci-dessus. Pas grand-chose à se mettre sous l'oreille donc. A suivre...pourquoi pas. Il y a des idiomes dans le jazz, et une histoire en devenir. Les règles (idiomes) sont évidemment transgressables. Des styles ancrés dans la frise chronologique de cette histoire, des vocabulaires et des icones/jalons, des constances et des révolutions. C'est le propre d'une avant-garde de chasser l'académisme finissant jusqu'à ce que d'une certaine manière l'avant garde devienne elle-même académique et que tout ça cohabite en complète porosité pour notre plus grand plaisir, chaque style s'ouvrant à l’autre, le violentant, le cajolant, l'invitant à jouer et à déjouer. Les langages et les axiomes s'estompent pour mieux souligner la persistance de l'héritage, paradoxal tout ça. Les signes esthétiques qui définissent un genre se voilent pour mieux se dévoiler et c'est là le miracle d'une musique multiple qui si elle semble parfois s'égarer dans d'autres dimensions (genres) réussie toujours à transmettre, comme des fantômes ou des ombres, les histoires au combien essentielles qui lui ont été confiées, celles des anciens. Mais on peut envisager des sorties de route, il en faut, des erreurs, pas à moi d’en juger. Mais je peux juger esthétique et ça n’amènera pas de malheur. Kant, l’ « Esthétique », la communauté du goût. Il faut éviter les comparaisons douteuses avec les sombres pages de l'Histoire. Peut-être que le nouvel ONJ est un belle sortie de route, c’est du Soundpainting… au tout début. C’est autre chose, qui a besoin d’un cadre et ce n’est pas le mot jazz qui me semble-t-il lui convient. Pour le peu que j’en ai entendu. Il y en a, parfois, comme il y a parfois 2 minutes de cinéma seulement dans un film de deux heures. Et avant qu’on me traite de réac, bon à servir sur un plateau un régime totalitaire à ce monde en déliquescence, j’ai bien aimé la direction de Daniel Yvinec. J’ai entendu du jazz dans ce que son ONJ a joué. De même je me souviens de Claude Barthélémy. A suivre … ?

      Toujours Jean-Philippe B.

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    6. Mais bon le clip youtube c'est pas l'ONJ. Donc peut être que l'ONJ ne fera pas de...Sounpainting.

      Jean-Philippe B. (encore)

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    7. @ Jean-Philippe B : avant de te prononcer sur une personne dont apparemment tu semble très peu connaitre (Olivier Benoit) et envoyer des tirades négatives à tout va au risque de perdre le lecteur avec des efforts de forme, apprends s'il te plait à mieux connaitre son travail. Tu n'a aperçu sur internet qu'une infime partie de ses réalisations. Olivier Benoit a fait de nombreuses choses. Certes, je te l'accorde, ce que tu as vu peut paraitre pour des oreilles non éduquées peu accessible. Mais tu ne sais pas ce que cet ONJ sera. Je doute qu'il ressemble à cela. Avant de porter des jugements sur ce qui n'est encore pas, attends un peu pour avoir et écouter et renseigne toi donc sur ce qu'a pu faire Olivier Benoit en allant par exemple sur le site du collectif Circum. Dernière chose : sache aussi qu'il y a dans le vaste monde du jazz que tu semble restreindre, des personnalités qui sont capables de changer d'esthétique dans le temps, et heureusement. Claude Barthélémy a été de ces personnes en dirigeant 2 ONJ dont la musique n'était pas la même.

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    8. Et je précise que le message précédant est signé Armel Bloch car je n'aime pas les personnes qui se prononcent sur un blog sans avoir le courage de mentionner leur nom.

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    9. Jean-Philippe B., B. c'est pour Bailay. Si on lit le déroulé ci-dessus on comprends que je suis le rejeton de JP Bailay. Moi et ma manie des efforts de forme...

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    10. Armel Bloch. Merci pour tous vos encouragement, je deviendrais certainement un jour qui sait une belle personne qui ne mettra plus la forme devant le fond et peut être fera fi des étiquettes. Je pense d'ailleurs sérieusement à réorganiser ma discothèque selon un classement alphabétique/auteur direct, les Pixies après Charlie Parker et avant Rondo Veneziano. D'autre part je préfère que l'on garde le vouvoiement si cela ne vous dérange pas, je ne pouvait pas ne pas tutoyer François puisque nous nous connaissons. Si vous avez des liens qui me permettraient d'apprécier le travail d'Olivier Benoit n'hésitez pas à me les communiquer, j'ai trouvé le site du collectif Circum et je vais de se pas y jeter une oreille émancipée.
      Jean-Philippe Bailay

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    11. J'ai bien aimé le "...sache aussi qu'il y a dans le vaste monde du jazz que tu semble restreindre, des personnalités qui sont capables de changer d'esthétique dans le temps, et heureusement." Je me doutais un peu de ça en fait...mais le heureusement, bof-bof. Je pense à Monk tout à coup...
      Il y a aussi le "Certes, je te l'accorde, ce que tu as vu peut paraitre pour des oreilles non éduquées peu accessible."... Je pense qu'il n'y a pas d'oreilles non éduquées mais des oreilles conditionnées, formatées.

      "Si un bruit vous dérange, écoutez-le» (John Cage).

      Jean-Philippe Bailay

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  3. https://soundcloud.com/dgtu/a-du-jazz-laissez-moi-rire

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  4. ah, pardon, ma signature n'y est pas et je n'aime pas les anonymes. Je signe donc : Diane Gastellu.

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  5. Heureusement que certains d'entre vous savent ce qu'est le jazz, et garantissent son intégrité. Pourquoi ne pas postuler pour prendre l'ONJ et avoir le poste dans ce cas-là? "n'usurpez pas notre musique"? Il y a un album d'Ornette Coleman qui s'appelle "this is our music". Quand on voit la pochette et qu'on l'écoute, il ne fait aucun doute que cette musique, magnifique, n'est pas celle de blancs-becs parisiens de toute façon. Et Body and soul, c'est joué depuis 70 ans. Heureusement que l'argent public sert la création.
    Jean-Philippe Feiss

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    1. Tout à fait Monsieur le violoncelliste Jean-Philippe Feiss.
      Il y en a qui semble sur ce blog avoir un très gros pépin pour se permettre de dire "n'usurpez pas notre musique".
      Et oui messieurs Body & soul ca date, c'est fini l'air du 33 tours passez à autre chose si vous êtres encore capable d'évoluer dans votre geste musical et éviter de casser les gens qui tentent d'évoluer, chercher d'autres choses justement pour faire évoluer cette musique. Armel Bloch

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  6. C'est assez effrayant de lire un tel ramassis de conneries Mr Coq...

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    1. Tout à fait d'accord avec vous

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  7. Vous pourriez faire une manif de révolution de jazzmin pour tous!

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  8. zzzzzzZZZZZZZZZZzzzzzzzz

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  9. tout à fait d'accord avec vous monsieur coq, y'en a marre des musiciens subventionnés, des résidences sponsorisées par les institutions, pour au final entendre une musique morte tellement elle transpire le confort institutionnel.

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  10. C'est vrai que le bop c'est super-créatif...

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    1. ÇA PEUT L'ÊTRE AUJOURD'HUI ENCORE.

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    2. EN TOUS CAS plus créatif que des prouts dans un instrument. Pour info ça fait plus de 50 ans que des compositeurs ont expérimenté d'autres formes de sons avec les instruments, et ont été bien plus loin qu'un vomi improvisé que l'on peut entendre aujourd'hui. Mais bordel, changez de NOM, n'utilisez pas "jazz", respectez au moins l'histoire ! et ses racines !!!

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    3. J'ignorai que le monde du jazz était aussi bas de débat et dure de propos... Armel Bloch

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  11. Qu'avons-nous à gagner de ces querelles esthétiques stériles ?

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  12. Finalement ni le Jazz trad, ni la musique d'Olivier Benoit sont des musiques nouvelles.. Ca fait des lustres que l'on entend du Jazz Trad et au moins 20 ans que l'on entend des choses dans le genre de ce que fait Benoit. Il n'y a rien de nouveau. Ce style est lui aussi dans l'impasse. Ce qui est certain, c'est que la musique d'Olivier Benoit est assez pénible à écouter... ! :) C'est plus un concept ou une démarche plutôt que quelque chose d'agréable à écouter. Il n'y a que les musiciens qui la jouent qui doivent s'amuser... et encore ?

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  13. Tous ces commentaires courageusement signés sont remarquables....

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  14. Jean-Philippe Feiss

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  15. ça ne sent pas trés bon ce débat ...On entendait la meme chose de tous les cotés pour Ornette à l époque,je me souviens des articles enflammés (ce n est pas du jazz etc...,...et meme bien avant avec Parker et Miles,relisez Vian contre Panassié ça va vous faire bizarre ...) et combien d entre vous ,légitimistes de l histoire,écoutent Ayler Benninck ,Cecil taylor ou Brotzmann ? si vous parlez de cette musique dans son histoire ,alors respectez la jusqu au bout,car je pense qu elle est encore trés fertile.Laissez Olivier Benoit faire son projet,il y a eu bien des ONJ "jazz" au sens plus classique ou vous l entendez,c est la premiére fois que c est un représentant de la branche plus "impro" qui a l onj ,oui, c est la crise ,mais on encore la chance d etre dans un pays qui subventionne la culture,des festivals des salles de spectacles ,et ou l intermittence existe .Bien sur , on aimerait que nos élus aient un peu plus de culture,c est vrai qu ils ne comprennent souvent pas grand chose à nos pratiques et à nos passions,mais si d un coté il y a le showbizz télévisuel et sa vision ringarde et bankable de nos musique,il n y a pas de l autre le "faux jazz" improvisé subventionné !! j ai vu plusieurs jeunes -et parfois bons - musiciens faire le choix d une musique plus "radicale" et il ne choisissent pas la facilité financiére c est le moins que l on puisse dire ! je leur reprocherais plutot pour certains d entre eux de se refermer dans la secte "rythm/melody = social traitre " avec un discours politique et artistique criticable à mon sens.Je le connais peu mais je pense qu Olivier benoit n est pas de ceux la.Il est ouvert et interessant.J ai été étonné qu il soit choisi,mais j attends avec interet et curiosité d écouter ses propositions musicales .

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    1. Tout à fait d'accord avec cette réaction
      Malgré certainement une grande expérience et une culture jazz importante de l'auteur, je trouve que toute la réflexion sur la musique jazz, l'héritage... de l'article de ce blog est pitoyable. C'est de la branlette élitiste : "moi, je sais ce que c'est que le jazz, les autres, non...". Et mettre un extrait comme ça, à l'arrache et descendre toute l'action d'un artiste est nulle.Ce qui est important, c'est la construction et le cheminement de l'artiste. La critique "c'est pénible à écouter", mais d'où ça sort ça. !?? La musique, ce n'est pas que le pays des bisounours!! Au moins, il propose quelque chose, qui de plus s'inscrit sûrement dans une démarche, une recherche.
      Pour le reste, le budget, la subvention de L'ONJ, je pense qu'en effet il y a un gros problème de répartition. C'est plus cela qui m'énerve et là, je comprends les critiques de cet article.
      Merci à ceux qui explosent les codes et les étiquettes
      Tibo Relya

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    2. Tout à fait d'accord avec les propos de François Raulin et Tibo Relya. Il y a plusieurs débats autour de l'ONJ. Le choix d'un chez, la musique qu'il est est (et non qu'il en sera), les subventions allouées à cet orchestre comparées aux autres... Certains débats sont intéressants à développer mais évitons de lancer un débat sur la musique qui n'est pas encore née. Préférez donc un débat sur l'argent qui y est consacré et ce que d'autres n'ont pas. C'est certainement disproportionné et injuste à mon sens quand je voit la quantité de propositions qui existent dans le domaine des grandes formations par exemples, qi ne tournent pas. Arrêtez de vous plaindre, nous avons en France encore de bons festivals, une certaine pluralité d'esthétique proposée, des gens qui soutiennent la création et aussi un public à conquérir. Ce n'est pas en polémiquant aussi mal comme vous l'avait fait que les choses s'améliorons. Bien au contraire, elles risquent de disparaitre au fur et à mesure... Armel Bloch.

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  16. Pourquoi diable attendez-vous quelque chose de l'Etat ?!

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  17. Querelles de chapelles sans intérêt

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  18. Je reposte ici le message que j'ai posté sur Facebook ce matin où le débat fait rage (et les insultes fusent).

    Merci à toutes (je dis bien TOUTES) les personnes qui ont réagi aux différents posts relatifs à la nomination de Olivier Benoit à la tête du prochain ONJ. Si il lit ces lignes qu'il sache qu'il ne s'agissait aucunement de l'attaquer lui. Et si je l'ai blessé qu'il reçoive mes excuses. Je lui souhaite beaucoup de succès et de bonheur dans l'aventure qui l'attend.

    Ce matin, à quelques heures du départ d'une longue tournée qui va m'amener loin de la France, de ces polémiques que beaucoup jugent stériles, et même du tumulte de Facebook, je voulais encore dire une ou deux choses.

    La première, c'est qu'il est évident que tout musicien qui s'empare d'un instrument est de facto légitime. Je ne suis pas commissaire en Jazz, juste une grande gueule. Si j'ai posté sur cette question, et donc sur la question de la légitimité non pas du musicien, mais bien de musicien de jazz, c'est parce que c'est une question qui est au cœur de mon engagement. J'entends bien quand on dit que le style n'a pas d'importance. Duke ne disait pas autre chose quand il disait qu'il y a seulement la bonne et la mauvaise musique. Tout ça c'est vrai, et j'y souscris à fond. Le problème néanmoins, c'est que l'idée de jazz persiste.

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  19. Cette idée d'un héritage, d'une filiation. La filiation n'est pas un gros mot. Certain pensent que la mariage pour tous tue la filiation parce qu'elle doit être forcément d'ordre génétique. Moi je pense qu'au contraire, le mariage pour tous renforce l'idée de filiation en donnant enfin à l'adoption sa place pleine et entière. Avec le jazz, il y a ceux qui sont né dedans, et ceux qui l'ont adopté. Moi je fais partie de la deuxième catégorie. C'est une éducation, un chemin très personnel et intime, et je suis bien conscient qu'il n'appartient qu'à moi. Tous les chemins ne mène pas vers le jazz, mais ils sont quand même nombreux ceux qui y mènent.

    Si j'ai un gros problème avec la manière dont l'institution aide le jazz, c'est parce que j'ai toujours l'impression que nous ne parlons pas de la même chose. Comme l'a très bien dit Jérôme Sabbagh dans son excellent commentaire (voir plus bas), toutes les musiques improvisées ne relèvent pas de cette filiation. Sont-elles moins légitimes d'exister ? Bien sur que non. Mais quand il s'agit de l'Orchestre National de Jazz, pourquoi ne pourrait-on pas poser la question de cette filiation ? Et le faire sans être traité au mieux de réactionnaire, au pire de fasciste.

    Il faut bien comprendre qu'être musicien de jazz, c'est constamment vivre dans le malentendu. À peu près 95% des gens ont une idée complètement erronée de ce que vous faites. Par une ignorance qui est bien entretenue par ceux qui sont en charge de promouvoir cette musique. Que ce soit du côté du privé qui ne pense qu'au profit et par conséquent ne privilégie que ce qu'il estime bankable, ou du côté de l'argent public qui ne soucie pas d'argent (puisque les budgets ont été votés) mais en revanche veut produire du message, du contenu, du signifiant, laisser une trace dans l'histoire.

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  20. De toute part, le mot jazz est malmené ce qui provoque une grande confusion. J'entends ceux qui disent "mais on s'en fout des étiquettes, ce qui importe c'est la musique". OK, mais alors qu'on se débarrasse de ce nom une bonne fois pour toute. Que l'ONJ devienne ONM, et que enlève le mot JAZZ d'une grande partie des festivals français.

    Personnellement, je me reconnais pleinement dans ce mot, même si je comprends pourquoi il pose tant de problème à beaucoup de mes confrères. Mais si je m'y reconnais, c'est encore une fois parce que c'est une musique que j'ai adoptée il y a longtemps, et qui m'a adoptée aussi. Ce rapport est charnel, profond et chaque jours plus intime. C'est pourquoi je souffre quand je vois ce mot perdre de son sens.

    Une dernière fois, je redis ici à quel point ma vision des musiques que ce mot englobe est très large. En vérité, le champ ne cesse de s'élargir, car il faut bien avoir conscience que nous vivons un âge d'or. C'est aussi pour cela que nous sommes si nombreux à être frustrés. Car ni du côté du public, ni du privé nous avons le sentiment que cette richesse est suffisamment relayée. Il y a aujourd'hui des musiciens qui font des choses extraordinaires partout. Aux US bien sur, mais aussi en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, etc. ce qui rend la tâche des programmateurs très compliquée, mais les oblige aussi à définir un champ. Car les subventions sont allouées par genre, c'est comme ça. Ce n'est pas une ligne de crédit qu'on donne à la musique en général. Il faut d'ailleurs rappeler que depuis 15 ans en France, le jazz fait partie des Musiques Actuelles (une appellation qui ne dit rien bien sur, puisque par définition, une musique qui se joue est actuelle), ce qui a eu pour effet de brouiller toutes les lignes de subventions et en définitif les réduire considérablement.

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  21. Du coup, si l'on ne définit pas un peu des critères, si on n'a pas une idée un peu plus clair de ce qui appartient à tel ou tel genre, on prend le risque de léser certaines musiques. C'est ce qui se passe avec les musiques traditionnelles, ou la musique baroque, et bien sur le jazz. C'est pour cela que cette nomination me pose un problème. Quand il y a si peu d'argent qui va au jazz, et qu'une énorme partie est captée par l'ONJ, je suis frustré de le voir attribué à un musicien certes très respectable mais dont la pratique du jazz (dans son sens le plus large) est somme toute marginale. Il y avait parmi les candidats d'autres propositions qui auraient eu un tout autre impact sur la perception de nos musiques, puisqu'il s'agit bien d'en faire une vitrine.

    Maintenant, il faudrait sans doute s'en foutre complètement. Je n'ai jamais fait un dossier de DRAC, ni ne postulerai pour l'ONJ un jour, et j'ai toujours conçu mes projets loin des subventions de l'État. En même temps, il m'arrive de travailler grâce à l'argent public. Quand je joue sur une scène Nationale, ou quand je pars en tournée grace au soutien de l'Institut Français comme c'est le cas aujourd'hui. Donc, c'est compliqué de faire complètement abstraction de ces ressources, surtout dans un contexte si dégradé...

    Sur ce, je vous souhaite à tous un très beau mois de juin. Quant à moi, j'aurai l'immense privilège de jouer ma musique avec les jeunes et magnifiques Ralph Lavital et Nicolas Pelage en Afrique et dans l'Océan Indien. Dans des pays pauvres (sans ONJ) et riches (sans ONJ) à la fois.

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  22. Heddy Boubaker3 juin 2013 à 05:28

    Et si on rebaptisait l'ONJ l'Orchestre National de Créations, Expérimentations et Improvisations Musicales ? (comment ça c'est déjà pris ?) ;-)

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  23. Dès qu'il y a héritage, respect de la tradition, national, définition de critères... je sais pas pourquoi, ça sent pas très bon..

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    1. Tss tss tss, attention à ne pas opposer transmission d'un patrimoine (tous arts confondus) à création. Une oeuvre se définit aussi par ce qui vient avant et ce qui lui succédera, il y a toujours une part plus ou moins grande d'héritage car on ne part jamais de rien. Et puis toute oeuvre au moment où elle est créée répond forcément à des critères qui peuvent être analysés, bien que ce ne soit pas indispensable. Pour national c'est un peu différent. Dans le but de se valoriser certains états ont souhaités dans le passé que les créations de leurs citoyens soient identifiés à leur nation, c'est vrai et c'est toujours le cas plus ou moins, les états se doivent de mettre leurs artistes en avant (voir ONJ ...). Mais l'art est plus volatile, car il a toujours existé des communautés d'artistes plus indépendantes mais qui par leur proximité représentaient un courant et une culture. Donc tout ça est normal et il n'y a pas de raison majeur que ça ne sente pas bon. Que ce soit dans les cultures de l'écrit ou de la transmission orale il y a héritage et critères. Donc création oui, parce que héritage.

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  24. Je viens de lire ton article et de voir cette magnifique vidéo de "Art Ensemble Of Notre Pognon" et je suis tellement d'accord.
    Il ne faut pas se fustiger, dans ce pays, il y a tellement de choses qu'on sait faire de l'IRCAM aux Airbus et laisser aux individus qui n'ont rien a justifier devant des institutions le choix d'aider avec leur pognons la musique qu'ils aiment.

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  25. ça fait trente ans que nous, les vieux, nous vous le disons. Je suis allé au ministère de la Culture dans les années 80 : il n'y avait plus de département jazz. Seulement les Musiques actuelles. C'est Kréatif ! on travaille sur le souffle, sur le son, etc. On joue quelques mesures funky, puis on repasse à la musique "sérieuseé occidentale.
    ça me g^ne pas qu'on joue cette musique. Ce qui me gêne c'est que les aides aillent toujours aux mêmes.
    Comme disait l'autre : Paul Claudel c'est du music-hall pour archevêque...

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  26. Pas mal :

    http://www.laurentcoq.com/htmlfr/actu.php

    Alliance Française, conservatoire François Mitterrand, Alliance Franco-comorienne....

    C'est bien de critiquer le subventionnisme...mais pas quand on en profites pour aller cachetonner dans des lieux....subventionnés !!!

    Théo Maltrait.

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    1. Votre tirade n'a pas lieu d'etre. A part les clubs Parisiens, et peut etre une ou deux autres exceptions, il n'y a que des lieux subventionnes en France. Et les tournees ministere de la culture et Alliances sont aussi de merveilleux pretextes pour eux d'exposer notre talent tout en faisant reluire l'image nationale. un preté pour un rendu.

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    2. Ces lieux sont financés par de l'argent public, donc, subventionnés...comme quoi avant de critiquer un orchestre subventionné, il faut faire attention a ne pas profiter des subsides de l'état et des contribuables par ailleurs

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    3. Bien vu (Théo Maltrait) si le jazz quel qu’il soit n'était pas subventionné à mort il n'existerait plus depuis longtemps. Pas un club en province qui ne touche pas de fric d'une ou plusieurs collectivités.
      Les musiciens de jazz en croquent presque autant que les musiciens classiques.

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  27. Christophe Jullian4 juin 2013 à 12:14

    Ma foi,
    Le bruit des bottes dans le paysage du Jazz Français m'inquiète bien moins que celui qui règne autour de l'actuel état de la société française…
    Et n'étant pas non plus étonné par la sanctuarisation que certains fassent de cette musique je suis néanmoins gêné par la fascisante pensée qui l'entoure, pour revendiquer quoi ? une appartenance, un savoir, une certaine auto-suffisance, une voie toute tracée, …… ???
    quoi qu'il en soit, en toute modestie (car contrairement à quelques auteurs de réactions pro ou contre je n'ai pas le bagage nécessaire pour en dire long, mais ce n'est pas non plus une raison pour s'abstenir) je défendrai donc Olivier Benoît que je ne connais pas du tout à part le court extrait présent sur ce blog, non pas par amitié vous l'aurez compris, ni par amour de sa musique, mais simplement par compassion, pour qu'il mène à bien la mission qu'il lui a été confiée, peu importe les tenants et aboutissants.
    Les querelles de clocher me sont étrangères en général, je n'y vois là que jalousie, amertume, avidité, bref tout ce qui tue l'existentiel, le vivant, le mouvement, l'amour, bref ce qui caractérise à mes yeux le Jazz depuis ses débuts et à travers toutes ces branches, déviances ou travers (messieurs les curés du jazz, je vous laisse utiliser le terme qui vous conviendra).
    Bref, Mr Benoît, sans garantir par avance que je serai fan de votre projet je vous transmet mes voeux de courage, il en faut pour affronter la tempête, de créativité, de plaisirs, et de réussite, non pas pour vous astiquer l'égo mais plus pour signifier mon soutien à cette musique qui se nourrit depuis ses débuts de tout ce qui l'entoure... longue vie à l'inconnu et autres curiosités, restons ouverts, on verra après si l'on s'est trompé ou pas…
    Bonne route

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  28. Sur le fait que je tourne actuellement grâce au soutien de l'Institut Français, je m'en suis expliqué plus haut avant que vous ne postiez vos commentaires... ce qui me conforte dans le fait qu'il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et pire aveugle que celui qui ne veut pas lire. C'est sans doute plus facile de me faire passer pour un vieux réactionnaire réfractaire à toute idée de modernité, que d'entendre ce que je dis et redis ici.

    À propos de modernité, permettez-moi de trouver dans la proposition musicale d'Olivier Benoit (non, je n'ai pas regarder qu'une seule vidéo sur internet) une forme de conservatisme à l'oeuvre en France depuis 30 ans.

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  29. Enfin, sur la "création" ce concept complètement bidon qui voudrait opposer une soi-disant modernité à des formes plus traditionnelles, voici ce qui était écrit noir sur blanc dans le rapport que nous avons rendu l'année dernière, fruit d'un an de travail avec toute une grande partie de la communauté du jazz réunit sous l'impulsion de quelques musiciens (je dis bien quelques) dont je faisais partie, loin de toutes les chapelles dont je n'ai jamais fait partie.

    "La « création » est un mot qui revient souvent dès lors qu’on évoque le champ de la culture. Pourtant c’est un concept qui doit être reconsidéré quand il s’agit de l’appliquer au jazz, car il implique souvent la notion d’oeuvre nouvelle, écrite sur commande et qui présente tous les aspects de la modernité telle qu’elle est conçue dans l’imaginaire collectif, c’est-à- dire nécessairement en rupture avec la tradition, ésotérique et d’avant-garde.

    Or – et c’est là à nos yeux un point particulièrement important – le jazz et les musiques improvisées ne sauraient se conformer à cette vision restrictive pour la simple raison qu’elles ne cessent de revisiter le passé pour aller de l’avant. Ce constant aller-retour est une des caractéristiques qui fondent son identité. C’est pourquoi il ne faut surtout pas faire de hiérarchie entre la musique originale et la musique de répertoire, les deux propositions étant également valides et même souvent entremêlées. Le groupe de travail note un trop grand décalage entre les projets soutenus par l’Etat via les DRAC et la grande diversité des esthétiques à l’oeuvre en France, notamment sur le répertoire très riche de l’histoire du jazz."

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    1. Le jazz est mort à cause de gens comme vous qui avez un jour figez cette musique dans le marbre et lui contestez toute évolution possible quoique vous en disiez.
      Il suffit de faire la moyenne d'âge du public qui assiste aux concerts pour vérifier mes dires. Mort et enterré..

      Pour ma part j'aime bien la vidéo que vous avez postée. Un sacré son, une belle couleur. C'est sûr c'est pas du bebop ;-)

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    2. Ah non je ne suis pas d'accord, je jazz n'est pas mort car j'y entends encore plein de nouvelles choses.
      Par contre, je suis d'accord avec le fait que la moyenne d'âge du public tend à vieillir. Heureusement qu'il y a encore des mecs comme Guillaume Perret pour faire claquer les dentiers et dresser les cheveux électriques de certains festivals comme celui de Marciac qui a programmé son groupe, à mon avis plus pour une raison de reconnaissance médiatique que pour une raison d'esthétique musicale, à moins qu'ils aient totalement virer de bord mais j'en doute...
      Armel Bloch

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  30. Christophe Larrieu5 juin 2013 à 00:29

    @ Chr. Jullian (tout en appréciant la retenue de votre propos): la notion de "compassion" est-elle bien de mise quand il s'agit d'accaparer 800.000 € de budget et le nom d'"Orchestre National de Jazz"? c'est plutôt de "privilège" qu'il faudrait parler... Olivier Benoit et ses tenants ont un certain aplomb de parler de "flots de haine de gens qui n'ont pas entendu son travail". Une quinzaine de vidéos ou extraits sonores sont disponibles sur le net. Dans 50% des cas (outre que - mais c'est mon avis - ça n'a de Jazz que le nom) j'estime qu'il s'agit d'ESCROQUERIE musicale pure et simple. Le reste traduit une telle indigence d'écriture et un tel manque d'imagination... Mais bon Dieu, n'avez-vous donc jamais entendu un vrai arrangeur, QUELLE QUE SOIT son esthétique? On hallucine de voir jetés pêle-mêle dans le débat les noms de Berg, Stravinsky... Les gens savent-ils au moins quelle somme de métier, de technique musicale, d'assimilation du passé il a fallu pour écrire le Sacre du Printemps?
    Or c'est bien par considération de son oeuvre accomplie que ce monsieur a été nommé, non? C'est un peu facile de dire: "Elisez-moi, vous verrez ce que je peux faire quand j'y serai..."
    Aucun musicien de Jazz en France certainement ne dénie à O.Benoit la légitimité de mener ses structures, ni même d'avoir des subventions publiques pour ça. Mais de là à aller représenter internationalement le Jazz Français (et à la Nouvelle-Orléans entre autres !), il y a un gouffre que le Ministère a malheureusement franchi, il ne faut donc pas s'étonner des réactions. Traîner dans la boue (en les traitant de fachos, réacs...)tous les "indignés" de cette nomination n'arrangera rien, et montre juste que l'on n'a rien compris au problème. Continuez Laurent !

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    1. Christophe Jullian5 juin 2013 à 02:12

      Cher Christ. Larrieu,
      je n'ai en effet rien compris au problème puisque pour moi il n'y en a pas dès lors que lorsque l'on donne sa chance à quelqu'un, c'est qu'il doit bien le mériter… après quoi la notion de mérite varie selon les avis évidemment, et parmi les avis contraires, sans vouloir trainer dans la boue leurs auteurs qui eux justement ne se gênent pas à l'égard de O.Benoît (il n'y a qu'à entendre certains commentaires parlant d'handicapé, d'enfermement à l'asile, et j'en passe, cela ne vous dérange pas, moi si, au delà d'un simple goût ou esthétique musical) il en résulte clairement que certains sont réellement des fachos, puisque vous aimez appeler un chat un chat ne nous gênons pas; j'insiste bien sur le fait que tous donneurs de leçon jazzistique qui actuellement se lâchent sans vergogne ne sont rien d'autre qu'un pan de la musique (et non pas La Musique), piliers d'un dogme établi, lequel fait dans son froc face à une évolution ou contre-évolution, c'est naturel, c'est la nature humaine, ne vous inquiétez pas, reconnaissez donc le et cette musique sera enfin libérée de tout culte à la noix qu'elle, pour le coup, ne mérite pas puisque c'est une musique VIVANTE.
      Bref pour terminer je ne pense pas que l'action D'O.B. soit véritablement nuisible et dangereuse pour le jazz, s'il échoue cela aura pris seulement 4 ans et des milliers d'euros qui de tout manière auraient atterris ailleurs, on ne vous entend guère pour dénoncer d'autres gaspillages quotidiens auxquels vous êtes probablement liés sans le savoir, mais bien sur c'est pas pareil, entre le conscient et l'inconscient, il y a toujours un pas que l'on ne saurait franchir…
      c'est n'est donc plus un problème musical qui anime ma réponse car en terme d'arguments je suis à court, mais plutôt d'ouverture, de respect et surtout d'anti-dogme de tout poil.
      et rassurez vous je sais aussi apprécier "la belle musique" avant de défendre ce que vous qualifieriez de merdique
      Cordialement

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  31. Il est incroyable de lire et d'entendre toutes ces choses. Puisque nous en sommes au stade de la transparence, combien cette tournée africaine coûte-t-elle en argent public M. Coq? Doit-on se plaindre que cet argent n'ira pas à d'autres qui le méritent plus? Ce débat est stérile. Et désolé, mais écrire des blues ou des morceaux sur des grilles éculées depuis 30 ans n'a rien de créatif. Ce n'est pas un problème à mes yeux, mais il est évident qu'un orchestre qui joue des standards ne peut pas non plus représenter le jazz français. Le problème est peut-être tout simplement l'existence même de cet orchestre, qui amène le jazz (ou peu importe comment ça s'appelle) dans des lieux qui ne sont peut-être pas les siens. Mais c'est un autre débat. Et à tous ceux qui tapent sur les subventionneurs: tous les lieux et festivals en France sont subventionnés directement ou indirectement, et heureusement d'ailleurs. Il faut savoir qui nous paye avant de raconter n'importe quoi. C'est ça la conscience citoyenne, alors arrêtez de donner des leçons, si vous ne savez même pas d'où vient l'argent qui vous fait vivre, merci.
    Jean-Philippe Feiss

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    1. Exactement ! J'ajouterais qu'il ne serait pas interdit d'avoir d'autres structures nationales pour le jazz. Après tout, tous ces courants ne me semblent pas antinomiques (même si personnellement les trucs trop contemporains me broutent passablement et que - remarque - trop de bop tue le bop). Rien ne devrait empêcher ces courants de cohabiter, de s'influencer peut etre meme et pourquoi pas, parfois, de se rencontrer. Et pour les gens qui parlaient de racine afro-américaine, je dirais certes, mais pas seulement. Le jazz ayant toujours eu le don de se métisser avec toutes sortes de musiques. Dave Brubeck aurait il fait un album entier de mesures impaires si ça n'était pour avoir entendu des musiciens turques en tournée ? Doit-on amputer le jazz du latin jazz ? Et toutes chansons françaises adaptées par des chanteurs curieux et ouverts dès les années 30 et devenues des standards repris par grand nombre de musiciens par la suite ? Un jour on m'a dit que le jazz s'arrêtait dans les années 60, le même jour un ami avait appris en cours qu'il ne commençait que dans les années 50... ça fait pas beaucoup dix ans... bref, tout ça pour dire que ces querelles de chapelle n'ont pas grand intérêt et que M. Coq a beau jeu de s'excuser, ce chef d'orchestre qui va diriger l'onj a bel et bien été insulté... à mots couverts...

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    2. Tout à fait d'accord avec Monsieur Feiss. Critiquer le subventionnisme c'est vous tirer une balle dans le pied et aussi dans les miens car sans subventions, il n'y a pas de concerts pas de consommation de musique en live.
      Par contre, des débats intéressants peuvent exister concernant la répartition de ces subventions.
      Armel Bloch

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  33. J'adore les anonymes ;-)

    À mon sens le problème est que dans l'ONJ (actuel et depuis longtemps), le JAZZ AFRO AMÉRICAIN n'est plus de mise depuis fort longtemps. Mais il l'a été (cf. Antoine Hervé, François Jeanneau, etc.).
    Le système du Metropole orchestra me paraît plus ouvert : il y a un orchestre semi permanent à géométrie (relativement) variable et des invités qui changent régulièrement.
    http://en.metropoleorkest.nl
    Non ?
    Et il y a bien d'autres orchestres de ce type dans le monde.

    En tout cas ajourd'hui (à quelques exceptions près), si on veut de l'argent public (du ministère de la culture) pour faire du jazz il ne faut pas avoir un projet d'essence afro-américaine.
    Et pour moi, le jazz est une musique originairement (et actuellement) afro-américaine : ça me fait mal au cœur DE DEVOIR JUSTIFIER ÇA : c'est tellement évident ! Le nier ça s'appelle du négationnisme (et oui…). Et ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas faire de la bonne musique hormis ce postulat esthétique.
    Les autres musiques subventionnées dont nous parlons ici sont fort éloignées des racines afro-américaines du jazz et portent un nom : musiques improvisées (parfois on ajoute " européennes " ce qui est quasiment un pléonasme à mon sens).
    On nous a déjà imposé (le ministère) le terme de "musique actuelles" (allez à New York ou n'importe où dans le monde dire que vous êtes un musicien de "Actual music" !!!! ;-)…
    On ne va pas dénier tout filiation afro américaine au jazz tout de même.
    Ahhhhh !
    PS : déjà posté sur Facebook…

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  34. Pendant que ces Messieurs s'étripent: et pourquoi ce n'est pas la candidate femme qui a été retenue, d'abord? :-))

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  35. héhé, pour la candidate femme, voir les articles précédents sur les lubies de l'actuel gouvernement, qui, non content de ne rien paner à la musique, ne sait parler que de quotas

    sinon, plus sérieusement et pour apporter ma petite contribution au débat, je rappelle à l'assistance qu'il existe déjà un truc subventionné appelé l'Ensemble Intercontemporain, créé par Boulez dans les années 70 et qui sévit toujours aujourd'hui.

    Dès lors, comment continuer à justifier la dérive thématique de l'ONJ ?

    Pour moi, ce qu'il aurait fallu mettre en place (si tant est qu'on reste dans le schéma effectivement contestable d'ensembles nationaux qui pompent tout l'fric), c'est un ensemble de "musiques actuelles" (sic) affilé à l'intercontemporain et dirigé par M.Benoît d'une part, ET d'autre part un "vrai" ONJ.

    Par ailleurs, je trouve un peu facile de dire que quand on est contre l'envahissement de l'ultra-contemporain dans le jazz on est réac, on s'oppose à toute évolution musicale, etc. C'est faux, c'est faux, c'est faux, et re-c'est faux. Laurent Coq dit justement le contraire et toute son travail est basée sur la recherche, la profondeur, la musicalité (on ne connaît pas, j'en parle d'autant plus librement), et ce n'est pas le seul dans ce cas, et cela ne concerne pas que le jazz.

    Bonne journée,
    Christophe

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  36. je voulais dire "on ne SE connaît pas"

    et "toute son OEUVRE est basée" (du coup les accords sont bons !)

    Christophe

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  37. j'ajoute ceci : aujourd'hui, le mot "jazz" est sympa, cool, branché, c'est une bonne marque. De l'ONJ à certains festivals en passant par des bagnoles ou des parfums, on se rend bien compte qu'il est souvent utilisé à cet escient, et que ça marche. Évidemment, ça n'a plus grand-chose à voir avec le sujet...

    Ca me fait penser aux T-shirts 'Ramones' ou 'Sex Pistols' portées par des gamines rue de Rivoli, iphones et (faux ) Vuitton à la main.

    Et là, si on va plus loin on pense à Orwell. Ben oui les gars, si, selon un ordre établi de la branchitude, tout peut être du jazz et qu'on est des fachos en pensant le contraire, bah à terme tout peut être tout, y compris son contraire, war = peace, etc.

    Moi, je serais vous, je ferais gaffe quand même.

    Christophe

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  38. @Michel Goldberg: petit point d'anglais [pardon : ) ], actuel ne se traduit pas par "Actual" mais par "current" ou "contemporary"; "actual" ayant plutôt le sens de véritable, ce qui vous ferait sonner comme un disciple de Panassié, ce que vous ne semblez pas être,
    Pour rebondir sur votre message, je ne pense pas que définir le jazz par la filiation avec le Jazz Afro-Américain règle le problème, que je crois insoluble, de l'établissement des limites du jazz. Nicolas Payton en parlant de BAM (Black American Music) en remplacement de jazz a lancé un débat similaire il y a quelques temps. On peut, certes arguer que le jazz est né dans la communauté noire Américaine est que là est donc son essence. Ce serait oublier que dès le début du 20e siècle le jazz est devenu un phénomène global et que sous ce nom existait déjà des pratiques diverses allant du blues au variety/minstrel show à la danse. On pourrait évacuer un bon nombre de ces pratiques du champs jazzistique sous prétexte de l'absence audible ou avérée de filiation avec la musique de la communauté noire Américaine; ce serait réécrire l'histoire. Est-ce nécessaire ou même souhaitable, je ne le crois pas.
    Par ailleurs, et sans connaître ce qu'Olivier Benoît a dit de ses influences, on pourrait très bien relier cette musique aux musiques orchestrales d'Anthony Braxton, de Sam Rivers ou Charles Tolliver, ne serions nous pas alors dans une filiation directe avec le jazz Afro-Americain?
    Je suis quand même très surpris par la férocité de certaines interventions par rapport à cet extrait You Tube, ces personnes n'ont certainement jamais entendu les musiciens cités plus haut. On est pas dans ce qu'il y a de plus radical, et pour ma part j'entends très bien ce qui peut venir de l'influence du jazz Américain (rifts, accords, constante rhythmique).
    Je trouve dommage qu'on se retrouve encore dans un débat stérile du même type que la controverse lancée lors de l'ONJ Damiani, dans lequel jouait O. Benoît, tiens donc…
    L'allocation des deniers public sera toujours l'objet de critiques virulentes. Ça me rappelle le cas d'un projet de recherche en Angleterre portant sur l'étude des musiciens(ennes) noirs(es) au Royaume-Uni qui avait reçu près d'un demi-million de livres sur 2 ans et demi. Ça avait provoqué l'ire de nombreux musiciens criant au scandale sur 1/ le fait de ne s'attacher qu'au musiciens(ennes) noirs(es) et 2/qu'autant d'argent soit donné à des chercheurs en jazz, ce qui, tout le monde le sait, est parfaitement inutile. Cela montre juste l'ignorance de beaucoup des canaux de distribution de l'argent public, et du fonctionnement et critères des institutions qui sont chargées de distribuer ces subventions.
    Je regrette que, pour ce qui concerne l'ONJ, le public ne puisse pas avoir accès ni à la liste des candidats, ni à leur candidatures, ni au critères de sélection. Voilà une opacité bien Française, qu'il serait bon de remettre en cause.

    On pourrait aussi renommer l'ONJ en ONMI pour musiques improvisées, je suis alors certain qu'il y en aurait pour râler à la présence de la moindre note écrite.

    Cher Laurent Coq, vous avez le droit de pousser vos coups de gueule sans vous faire traiter de tous les noms, comme j'ai le droit d'être en désaccord avec vous, et cela même si je comprends vos arguments. J'espère ceci-dit que cette tempête dans un shot à whisky ne sera pas relancée dans la presse, et si elle l'est que ce sera sans conséquences sur le mandat d'O. Benoît et la réception de son projet dans les salles de concert. Bonne chance à lui.

    Quant au mot "jazz" laissons le où il est, il y a bien trop de choses plus importantes qui restent à faire dans l'histoire des jazz pour y porter un telle attention.

    Pierre-Emmanuel Seguin

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  39. @Pierre-Emmanuel Seguin :
    Désolé pour la confusion "actual"/ "contemporary" j'ai fait vite (mot à mot), c'est le côté pervers de ces blogs ou l'on a tendance à écrire à la vitesse du SMS du moins sur les choses un peu plus anecdotiques.
    Non, effectivement, je ne suis pas Pannasien (si l'on peut dire : orthographe incertaine pour le coup).

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  40. Monsieur Olivier Benoit nous explique sur France Culture qu'avec ce nouvel ONJ, il va poursuivre le travail entamée par Yvinek en allant vers "la pop, le rock, et en faisant appel à des compositeurs contemporains proches du jazz" car lui ce qui l'intéresse c'est la "création", c'est faire une musique "vivante". C'est trop énorme pour laisser passer un discours pareil. Car dans ce quelques mots (que je ne fais que reprendre, l'émission est disponible en podcast) est résumé tout le désastre que j'entends dénoncer.

    Il nous dit que le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Charlie Parker et John Coltrane, c'est de les écouter sur disques. Outre le fait que je doute qu'il se soit appliqué lui-même ce conseil, je trouve proprement hallucinant de mépris cette vision de la musique aujourd'hui. Il y aurait donc ceux qui sont dans une pratique morte de cette musique (comme on le dit d'une langue) et ceux, comme lui, qui sont dans une pratique "vivante", qui "créent".

    J'entends bien le mépris qu'il y a envers les musiciens qui continuent de faire vivre une langue toujours parlée et réinventée aux quatre coins du monde, et l'odieuse prétention à se poser en "créateur", en opposition à cette soi-disant pratique du jazz.

    Mais plus grave encore, cela traduit surtout une parfaite ignorance de ce qui se fait depuis trente ans dans ce domaine. C'est tout le problème avec ceux qui se posent en garant de la "modernité".

    Je l'écris ici a nouveau ; je suis tout a fait favorable aux expériences de métissage. Le trio the Bad Plus est un bon exemple. Malheureusement, trop souvent je vois dans le métissage une appauvrissement des styles qu'on est censé marié, plutôt qu'un enrichissement. Ce qui n'est pas le cas avec le trio cité plus haut parce qu'ils ont tous les trois une profonde connaissance des musiques qu'ils entendent fusionner. Il suffit d'aller sur le blog d'Ethan Iverson pour s'en convaincre. Ce sont des musiciens de clubs qui ont développé leurs connaissance par des années d'expériences diverses, hors des chapelles justement. C'est cette éducation qui donne de la chair a leur musique et les rend capable de vraiment jouer "ensemble", d'avoir un "son".

    Prenons maintenant l'exemple du sound painting, cet espèce d'ego-trip, matinée d'initiation musicale pour musiciens en panne d'idée : on a un type devant, un "chef d'orchestre" qui, a la manière d'un marionnettiste, "dirige" son orchestre. En quoi cela a-t-il un rapport au jazz ? Et même a l'improvisation ? Le jazz n'est-il pas la musique de l'interplay par excellence ?

    Ce qui est terrible pour tous ceux qui continuent de faire avancer cette musique, c'est d'entendre parler de modernité comme on le fait actuellement. Avec ce dogme amplement partagé en France et dans les institutions qu'il faudrait a tout prix aller vers d'autre champ (pop, rock, musique contemporaine ou classique) pour renouveler le jazz, et qu'en dehors de cette démarche, il n'y aurait point de salut. OUI LE CROSS-OVER EST UNE POSSIBILITE, MAIS ELLE EST LOIN D'ÊTRE LA SEULE. C'est d'autant plus rageant qu'il n'y a jamais eu autant de propositions passionnantes, de courant novateurs, et de musiciens totalement investis qu'aujourd'hui. Encore faut-il les connaître.

    Je ne citerai aucun nom ici même si je pourrai dresser une liste longue comme le bras (de musiciens de tout styles et horizons confondus), mais j'aimerai bien que vous envisagiez, vous tous qui m'avait traiter de fachos, qu'il y a peut-être d'autres alternatives aujourd'hui à ce que vous nommez "l'arrière-garde" et la "modernite". Et de grâce, arrêtez de nous soûler avec ce mot "création".

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  41. "vous tous qui m'avez traité"...
    A propos de création nous ne demandons pas mieux que d'entendre les gens auxquels tu penses. Iverson est effectivement un excellent musicien. The Bad Plus est un groupe américain, qui représente la culture américaine. S'il n'y a pour certains que le jazz, pourquoi ne pas aller aux US? encore une fois, de ce côté de l'Atlantique, le jazz a évolué, jusqu'à devenir ce qu'il est aujourd'hui. De Pierre Michelot, on est arrivés à Sclavis, Texier, Bex, mais aussi Olivier Benoit, et bien d'autres.
    Cet avis sur le sound-painting, énoncé comme une vérité, illustre parfaitement l'esprit qui anime ce post: péremptoire. Tu reproches à tes détracteurs la même chose, c'est assez drôle.
    Encore une fois, pourquoi d'autres, plus au courant de ce qu'est le jazz, et garants de cette sacro-sainte tradition, n'ont-ils pas été nommés? Il ne faut pas dire que c'est parce qu'ils ne sont pas dans les petits papiers du ministère.
    Si certains veulent jouer du jazz, du jazz-rock, des standards, très bien. Mais la création relève du fait d'inventer un nouveau langage, de nouveaux univers etc... Même si on joue très bien, Ornithology reste Ornithology, désolé mais ça existe depuis 60 ans, et avant cela ça s'appelait autrement.
    J'espère que toutes ces critiques n'affecteront pas Olivier Benoit -qu'encore une fois je n'ai jamais rencontré- parce que ça commence à être de la persécution.
    La chose constructive serait justement d'expliquer objectivement pourquoi untel ou untel aurait plus mérité la place, mais le débat est assez loin de ça, il vaut mieux descendre des vidéos de gens que l'on n'a jamais vu jouer.
    Bien à vous mesdames et messieurs les lecteurs, nous avons l'air de plus en plus nombreux.
    Jean-Philippe Feiss

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  42. Jean-Philippe Feiss,

    Tu ne réponds pas à l'argumentaire que j'ai développé dans mon précédent commentaire. Qui a parlé d'Ornithology ? Et quand bien même ? Qu'est-ce que 60 ans ? Alors comme ça Olivier Benoit est le prochain Charlie Parker ? Je te parle de propositions aujourd'hui qui couvrent un champ du jazz très très vaste, c'est pour cela que je ne veux nommer personne. Des gens qui font des choses très novatrices et audacieuses sans avoir recours à d'autres champ que le jazz lui-même (ce qui n'enlève rien aux expériences de Cross-Over quand elles sont réussies comme je l'ai dit plus haut). Ce que je répète à longueur de post et qui semble pourtant inaudible, c'est que ces propositions ne sont pas relayées ni du côté du pôle public, ni du privé, pour les raisons que j'ai déjà expliquées. Si bien que la plupart des gens ne savent même pas leurs existences et pensent qu'Olivier Benoit EST la modernité. Permets-moi de trouver dans ces propositions un conservatisme à l’œuvre depuis des années en France.

    Quand au jazz français, c'est un concept auquel je ne crois pas une seconde. Je crois au jazz EN France.
    Merci pour la leçon d'orthographe.

    Mes remarques sur le Sound Painting sont probablement injuste, j'en conviens. Mais en ce qui concerne la création, je maintiens que c'est une concept creux et très nocifs qui divise et hiérarchise. Laissons le temps décider de qui est créatif et moderne. En général il a toujours un avis différent des institutions...

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  46. très agréables et longs échanges avec Jerome S. je retire les postes parce que zéro compteur pour moi de ces débats maintenant, retournons à la musique

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  47. Mais c'est quoi ce lynchage???Ah bravo,les musiciens,ça,c'est de la solidarité...

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    1. Franchement,je trouve que ce blog sent très mauvais de la bouche.
      Terry Gibbs

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    2. J'ignore si la musique adoucit les moeurs,mais apparemment,elle ne rend pas la volaille intelligente...
      Georges Cuvier.

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  48. Réponse à François Corneloup
    OUAHHHH !!! Quelle colère !!...L’attaque est virulente…alors comme ça je serais à mettre sur le même pied qu’un certain Hortefeux de triste mémoire…mais bien sûr !!....sécuritaire, sectaire, communautariste et pourquoi pas raciste…mes propos ont eu l'heur de te mettre hors de toi...pourquoi ?...c’est comme si ils t’avaient mis directement en cause…où est le danger ?... Tu n’es pas musicien de jazz ?.. Je pense que tu n’as simplement pas bien compris le sens de mon message, ni à qui il était adressé……mea culpa ..mon commentaire fait suite à d’autres que j’ai déjà déposé sur le blog.. je dis simplement que l’on est en train, au nom de critères qui n’ont rien de culturels ni d’esthétiques, mais au nom d’un « pseudo modernisme » très mode dans beaucoup de domaine mais aussi d’impératifs économiques, de mettre à mort cette musique, DANS TOUTES SES COMPOSANTES ET TOUTES SES INFLUENCES…...ce commentaire fait suite à la nomination à la tête de l’ONJ d’un nouveau chef, qui confirme de façon évidente ce que je dis plus haut…mais pour être plus précis, ce commentaire n’est pas destiné aux musiciens auxquels je n’ai pas à donner de leçon, mais aux institutionnels, aux décideurs, aux politiques, aux médias, qui ont le pouvoir d’assassiner cette musique dans sa diversité, simplement en l’étouffant médiatiquement et l’asphyxiant financièrement…mais aussi en organisant systématiquement l’amalgame avec des musiques respectables par ailleurs, mais qui, selon moi, ne relève pas de l’espace jazz…car on peut penser ce que l’on veut mais, oui le jazz a une histoire qui n’est pas mon histoire, mais dans laquelle je me reconnais…oui le jazz a une esthétique qui a bougé dans le temps, dans laquelle je me reconnaît aussi et qui ne m’appartient pas..tu me demandes de te dire ce qu’est le jazz pour moi ?...je vais plutôt te dire ce qui n’est pas du jazz pour moi…on parle de musiques actuelles, c’est-à-dire ?...des musiques nées aujourd’hui, ou des musiques vivantes parce que jouées aujourd'hui, elles appartiendront demain aux musiques du passé… on parle de musiques improvisées…ce n’est pas le cas du jazz ? …des musiques du monde.. toutes les musiques sont des musiques du monde…tu vois comme cette classification est ambiguë, comme elle entretient la confusion.. mais surtout comme elle prépare le terrain pour la disparition, non seulement de l’appellation jazz, mais de la musique elle-même.. il me revient en mémoire avoir entendu dans une réunion sollicitée par Laurent COQ il y a quelque temps quelqu’un dire que la meilleure façon de protéger cette musique était de NE PLUS l’appeler jazz……ben voyons !!, c’est ça le sens de mon billet, une adresse à ceux qui ont déjà rédigé son oraison funèbre…il est dommage que toi, musicien, tu ne sentes pas venir le danger…peux-tu nier qu’il existe dans cette musique un fil rouge qui lui laisse beaucoup de liberté mais lui permet de garder son identité …je ne suis propriétaire de rien, je suis un témoin…et j’ai une opinion que je partage...comme disait Pierre Dac...dois-je pour ça être qualifié de sclérosé, ou d’obscurantiste…. à suivre.... JP Bailay

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  49. . le jazz est porteur d’une universalité qui lui a fait faire de belles rencontres. Défendre les fondamentaux de cette musique dans le respect de la tradition (et sans aprioris) vous ferait presque passer pour un réactionnaire… . On met à la sauce jazz tout et n’importe quoi.. et on devrait se taire !...Je n’ai rien contre ce que l’on appelle ces fameuses « musique actuelles », mais lorsqu’un festival qui ose encore s’appeler « de jazz », fait la part belle à ces courants musicaux, ne laissant qu’un espace réduit aux différentes courants du jazz historique et actuel...le jazz c’est « "QUAND Il N’Y EN A PLUS » que ça me pose problème!!...Un jour on dira « le jazz est mort. Vive le jazz ! » Et cette musique morte comme une langue morte ne sera plus audible en live, mais seulement sur galettes enregistrées….C’est un comble de penser que ce sont ceux qui l’auront défendu, auront œuvré pour rompre le silence qui seront désignés comme responsables (« ton discours c’est la mort du jazz » me dis-tu).. le métissage oui, mais il n’en reste pas moins que le jazz est né, s’est développé, a évolué principalement dans la communauté noir afro-américaine, depuis les plantations de Louisiane jusqu’au Miles Davis de la dernière période…oui j’ai des préférences esthétiques, et pas des croyances…mais au delà de ça, je pense que l'espace jazz n'est pas un espace d'enfermement, mais un terreau avec des racines historiques qui reste entièrement ouvert..aujourd’hui jouer des standards serait presque devenu un anachronisme…à force de tirer sur la corde, de brouiller les cartes, rien ne s’appelle plus rien, rien ne se repère plus que par rapport à rien… jusqu’au nouveau chef de l’ONJ qui «l’enterre » et en fait une langue morte juste capable de séduire des discophiles.. le jazz est un espace intemporel qui ne demande qu’à se laisser conquérir et reconquérir ….mon cher, tu es musicien, tu as travaillé le « répertoire » (quel vilain mot !!)...est-ce que ça t’a handicapé ou aidé à faire ton propre chemin ?....alors ne crache pas dans la soupe stp….descends de ta tour, toi qui me reproche un isolement imaginaire, regarde comment cette musique voit son espace d’existence se réduire comme un peau de chagrin, pour laisser la place à des musiques qui méritent le respect, mais qui ne sont pas du jazz, et que l’on a tellement de mal à étiqueter…musiques du monde, musiques actuelles, musiques improvisées…on s’en contre fou à la limite, ce qui importe c’est ce qu’elles nous apportent.. du créatif, du ludique, du plaisir…avec un langage qui leur est propre et ne peut se revendiquer jazz…la création est un grand espace de liberté dans lequel il y a de la place pour chacun…mais en respectant l’autre…petit détail, à l’avenir, quand tu auras un différend avec quelqu’un, c’est-à-dire un avis différent, à propos du jazz ou d’un autre sujet, évite de faire dans la psychologie de comptoir, et contente toi des « brèves » du même nom…tu y trouvera peut-être une définition du jazz te convenant, musique d’origine afro-américaine, faisant largement usage de la rythmique, de l’improvisation, de l’inter Play, de la composition et de l’orchestration, né dans le ternaire et avec le blues, se vautrant dans le binaires avec succès, dont l’évolution tout au long de son histoire, n’a jamais trahi ses fondamentaux, même dans la période free, même Mies Davis jazz-rock ou électrique, même Coltrane « retournant en Afrique » pour un dernier voyage… durant toute cette longue histoire la jazz est resté fidèle à ses racines musicales….on rabâche tout le temps la même chose parce que la situation ne s’améliore pas…vive le jazz en France, le jazz de France plutôt que le jazz français.. Enfin je reste à ta disposition pour en parler plus longuement si tu le souhaite, autour d’un pot…je ne suis pas rancunier…et ça me ferais réellement plaisir de te revoir…
    Cordialement JP bailay

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    1. Cher Jean Paul,
      Il n'y a pas de colère dans cette réponse. Juste une alarme déclenchée avec vivacité à l'écoute d'une rhétorique qui me semble extrêmement dangereuse. Je ne démentirai pas que le propos soit intentionnellement percutant et cru. La perception que tu en as n'engage que toi. Ma formulation aura eu le mérite de provoquer ta réaction. Tournure du débat que je trouve assez saine et pas inutile en cet période de raideur intellectuelle.
      Devrais-je persister dans cette posture en te disant part exemple que ne voudrais pas croire que l'expression "espace Jazz" que tu emploies, pourrait sonner à mes oreilles comme on dirait tout pareil "espace Schengen".Bref...
      Ton exposé historique bien qu'incomplet, notamment sur l'apport des musiciens européens justement dans le Jazz n'est pas à remettre en question. Je connais cette histoire et la respecte tout autant que toi. Je sais où en sont les repères concrets même si ceux-ci sont en devenir permanent. C'est peut-être même dans ce paradoxe que figure la caractéristique fondamentale de cette musique. Je ne veux rien dire d'autre en voulant simplement dire qu'une autre des ses caractéristiques principales est que le jazz de tous temps s'est enrichi de ce qui n'en était pas. Se crisper sur son nom ou sur une tentative de lui en définir un territoire est inutile, voire contreproductif. l'histoire dira et sanctionnera d'elle même ce qui sera utile au jazz. La question n'est pas d'ignorer le nom du jazz mais tenter d'en faire un critère coercitif s'avère inutile au sens où ce critère lui-même est très complexe à définir. La création artistique ne s'est pas faite par les censeurs mais par l'engagement de ce qui la produisent. (Si tu veux, tu peux en faire une brève de celle-là, tiens...!) Entendons pas "engagement" tout ce que cette acception recouvre de l'implication de l'humain, la dimension politique entre autres...
      Avant l'intervention de l'institution, le Jazz a grandi sans elle et je suis d'accord avec toi sur le fait que sa contribution à la création, comme au développement des cultures populaires du reste, dont à mon sens le jazz devrait pleinement faire partie, n'a pas toujours été des plus constructives et certainement pas des plus lucides. je n'irai pas ici jusqu'à remettre en question la nécessité de l'intervention de l'institution... Mais cependant notre erreur est peut-être de penser que le salut du Jazz résiderait uniquement dans le bon-vouloir de l'institution.
      Mon point de vue est que cette musique porte en elle-même d'autres forces à mettre en jeu pour reprendre sa place dans le monde et que nous négligeons trop ces forces au profit de querelles soit disant culturelles que nous alimentons trop promptement de nos angoisses du lendemain. Qu'il faille alerter les institutions sur ses manquements au soutien à la culture est la base d'un devoir citoyen. il s'agit néanmoins de ne pas se tromper d'ennemi… De ne pas déshabiller Paul Gonçalves pour habiller Jacques Attali. contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, Il y a en fait de la place pour tout le monde et si nous n'avions pas aussi peur de perdre la nôtre sous la menace d'une concurrence virtuelle dans laquelle on tente de nous maintenir au profit d'un quelconque marché, nous ne nous battrions pas si violemment pour ces miettes..
      D'accord pour le pot. Bises à Yann et Jean-Phi.
      F.Corneloup

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    2. Cher François,
      J’ai découvert hier que tu avais eu une réponse de Jean-Phi…qui m’apparaît très intéressante (les chiens ne font pas des chats). L’espace Schengen est un espace de LIBRE circulation des personnes…comme l’espace jazz est un espace de LIBRE circulation de la création…et non un espace coercitif…ou un espace clos…maintenant tout dépend de l’usage qu’on en fait !..quant au rôle joué par les musiciens européens…il s’agit des musiciens américains issus de l’immigration européenne et l’influence a joué dans les deux sens…s’ils ont apporté leur propre sensibilité culturelle, ils l’ont fait après avoir été séduit et avoir fait leur la musique afro-américaine que j’appelle jazz…sur une vidéo (You tube) on peut visionner une rencontre entre Getz et Coltrane…sur un même standard, ils s’expriment au travers de deux improvisations, de deux techniques, mais aussi de deux sensibilités et phrasés très personnel…mais ils peuvent jouer ensemble parce qu’ils reconnaissent tous les deux les codes que j’appelle codes du langage jazz…Vois-tu ce que je veux dire…on pourrait faire le même parallèle avec Django Reinhardt qui lui est resté en Europe, mais qui a su imprimer sa touche dans ce même espace jazz qui l’avait séduit..…donc il ne s’agit pas de porter des jugements de valeur, de fixer des limites à la création, à l’innovation…nier qu’il puisse exister des écoles, avec des dominantes esthétiques…ne sert à rien…l’histoire est jouée…l’avenir reste à conquérir.. mais STP ne te cache pas derrière un discours qui laisserait entendre que si l’on défend cette musique et ses espaces on est quasiment par définition castrateur…le monde est grand et l’espace de création également…on n’est pas obligé « d’assassiner » le jazz pour que les musiques actuelles, ou improvisées, ou du monde puissent exister…cette attitude par rapport aux jazz aura un jour pour conséquence qu’on ne l’entendra plus en musique vivante et qu’il perdra son public…ce qui n’est pas arrivé à ce que l’on appelle la « grande musique » (sic) ?.....
      Bien à toi, et toujours dispo pour plus si affinité musicale.. qui existe j’en suis sûr.
      JP Bailay

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  50. C'est vraiment un dialogue de sourd. Épuisant. Dès qu'on pose la question du champ du jazz, on se fait traiter de facho, on sort toute l'artillerie des références aux discours de droite, et on se fait insulter.

    On a passé un an a travailler sur ces questions en ouvrant ce champ au maximum afin de défendre des musiques qui avaient perdu une grande part de leur visibilité parce que noyées dans une appellation sans aucune réalité, les musiques actuelles (mais celle-là, qui n'a aucune histoire et aucun courant réel a été adoptée immédiatement, au point que lorsque que l'on veut obtenir un financement pour un projet jazz dans une DRAC, il est préférable d'expliquer en quoi il s'inscrit plus dans le champ des Musiques Actuelles), et tout notre travail visait justement à redonner de la place au jazz DANS TOUTE SA DIVERSITÉ.

    Aujourd'hui on confie un budget important (d'autant plus qu'il reste inchangé quand tant d'autres ont été rognés voir supprimés), et on n'a pas le droit de remettre en question la légitimité de cette nomination. Tout est jazz, rien n'est jazz.

    Je sais bien qu'il faut concevoir le jazz en particulier, et la musique en générale, en dehors du champ institutionnel. C'est même ce que je dis à la fin de mon billet, et ce que j'ai fait toute ma vie de musicien. Est-ce une raison pour ne pas questionner les choix qui sont fait ? Je n'aurais pas posté ce billet si Magic Malik ou Emmanuel Bex avaient été choisis. Dans des genres très différents, ce sont deux beaux exemples du jazz en France dans toute sa diversité. Le jazz chez eux n'est pas contestable. Dans une situation de crise, quand l'argent manque et qu'une communauté s'est mobilisée pour faire des propositions afin de défendre des musiques en mal de visibilité, n'est-il pas souhaitable de faire des choix incontestables ?

    Je continue d'affirmer que le jazz dans la musique d'Olivier Benoit et au mieux une référence anecdotique, peut-être une posture, mais certainement pas le genre qui la caractérise. Soit on change le nom de l'ONJ (aucun problème avec ça), soit on nomme quelqu'un qui a une légitimité à porter ce nom.

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  51. Laurent,
    Le problème de ton point de vue, c'est qu'il est totalement arbitraire, subjectif et donc indéfendable théoriquement. Ton point de vue se base uniquement sur le fait que tu n'aimes pas cette musique. D'ailleurs, c'est bien la particularité et la force de cette musique, c'est d'être construite sur de la subjectivité. Mais alors Tu ne peux donc pas mettre en doute le point de vue de ceux qui pensent tout aussi subjectivement qu'Olivier Benoit peut apporter quelque chose au jazz.
    J'aimerais que tu m'expliques en quoi la musique du projet Cheerleaders de Pierrick Pédron - musicien que personnellement je respecte au plus haut point au demeurant- aurait plus de légitimité à représenter le Jazz. Tu fais partie de ce projet, donc tu dois pouvoir expliquer très précisément, je veux dire au plus près d'une analyse organologique affranchie de toute question de goût personnel pourquoi cette musique est plus "jazz" que celle d'Olivier Benoit.Personnellement, je me contrefous du fait que Pierrick se soit un peu écarté du sillon Be bop qu'il maîtrise particulièrement du reste pour aller voir du côté de la pop et de l'electro. Il fait ce qu'il veut. Il est LIBRE! la question la plus importante pour moi n'est pas que j'aime ou non mais surtout qu'il puisse le faire s'il le désire. Notons au passage que le Festival de Coutances où ce projet à été joué est publiquement subventionné.
    Maintenant, puisque c'est un dialogue de sourd, parlons de son, de construction intrinsèque de la musique proposée et évitons le piège du débat esthétique. L'explication par laquelle le point commun entre la musique de Pierrick et le jazz sont les accords , le rythme, la mélodie et les chorus ne suffira pas au sens ou elle réduirait le champ du jazz à un domaine organologique bien trop restreint au regard de l'immense diversité qui le nourrit. Dire quela musique de Cheerleaders trouve sa légitimité par le fait qu'elle est portée par un musicien qui a fait ses preuves dans le Jazz ne suffira pas non plus ou alors selon, la même logique il faut également légitimer le statut d'Olivier Benoit qui est également passé par le jazz.Sinon, à l'inverse il faut mettre au ban Pat Metheny, Miles Davis, Michael Brecker et encore bien d'autres...
    Décidément, je crains que tenter de définir le champ du jazz est inextricable. L'issue du débat n'est pas là. Tu as parfaitement le droitde ne pas aimer et je défendrais à jamais l'idée que tu puisses le dire mais pas de cette manière ostracisante qui n'apporte rien à la musique. Encore une fois, même si le chiffre est impressionnant, le budget de l'onj reste minime comparé ne serait-ce qu'à la somme des aggios pour retard de versement de subventions que paient chaque année les structures de diffusions aux banques privées, notamment les institut français dans lesquels il t'arrive de tourner. Je l'ai déjà dit ailleurs: là, il y aurait un vrai scandale à dénoncer.

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  52. François !

    J'apprécie le débat avec toi, et notamment ta pugnacité (je dis ça sans aucune ironie). J'apprécie aussi de voir qu'il n'y a plus de procès en Brice Hortefeux dans ta réponse...

    Je ne voulais pas trop citer de références dans mon coup de gueule, parce que je ne voulais pas justement tomber dans le discours nous/moi Vs lui/eux, même si c'est toujours ce que bcp entendent quand un musicien remets en cause la légitimité d'un autre. On te soupçonne toujours de jalousie.

    Mais puisque tu me tends la perche, alors allons-y. Oui bien sur, évidemment, sans aucun doute, le fait que Pierrick ait étudié le langage du be-bop, ait relevé Charlie Parker, ait fait plusieurs fois le voyage à NYC, ait beaucoup joué en club, dans plein de contestes différents, toute cette expérience accumulée à pratiquer cette langue et ce matériaux, ce sont exactement les raisons qui font que quelque soit ce qu'il joue, il y aura toujours cette chair jazz dans sa musique. On questionne certains discours en disant "d'où parlez-vous ?". On pourrait dire de certains musiciens "d'où jouez-vous ?". Pierrick jouera toujours du jazz (en provenance de). Dans tout ce que j'entends chez Olivier Benoit, je n'entends pas ça. Cela pose la question de sa nomination à la tête de l'ONJ, surtout quand il y avait d'autres candidats autrement plus légitimes. Est-ce que cela le disqualifie en tant que musiciens ? Bien sur que non. L'ai jamais affirmé ?

    C'est exactement la même différence qu'il y a quand tu entends quelqu'un parler une langue étrangère qu'il a apprise à l'école, et quelqu'un qui l'a pratiquée en situation, qui l'a fait sienne. Tu vas me répondre, mais le jazz n'est plus une langue étrangère en France depuis longtemps, ce à quoi je te donnerai complètement raison. Mais même quand une langue évolue (le Quebec Vs la France), elle le fait à partir de racines, d'où l'idée de filiation (oh le vilain mot… Hortefeux, sors de ce corps...). Autrement dit, va-t-on donner une chaire d'anglais à un professeur qui ne parlerai pas cette langue.

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  53. Tenter de faire le genèse est difficile je te l'accorde, et peut-être même vain. J'entends tous ceux qui disent, '"on s'en fout". Oui et non. Il y a une ITW sur mon site que j'ai donné à Jazz Hot il y a dix ans (jazz hot contre lequel je me suis bcp battu, notamment contre la vision complètement sclérosée de notre musique de certains journalistes), où tu pourras lire ceci :

    Quelle est ta définition du jazz ?
    J’ai du mal à donner une définition du jazz qui soit pertinente. C’est difficile et périlleux de chercher à faire le tri entre ce qui en est et ce qui n’en est pas. Armstrong disait que si on se posait la question de ce qu’était le jazz, on ne le saurait jamais… ou un truc du genre. Duke disait qu’il y avait la bonne musique et la mauvaise. C’est une vision à laquelle je peux facilement souscrire.

    Mais dans le cas qui nous intéresse, et le contexte que nous connaissons, après le travail que nous avons entrepris l'année dernière, la question de la légitimité pour un tel poste se pose aujourd'hui. Tu parles de budget. Certes celui de l'ONJ peut être considéré comme dérisoire au regard d'autres dépenses et gaspillages. Mais il ne l'est pas si tu considères qu'il sert d'affichage au gouvernement et aux institutions pour montrer leur investissement pour le jazz. C'est aussi la question de quel type de "jazz" les institutions sont prêtes à soutenir. Je le redis ici, dans les DRAC, ce sont toujours des projets qui parlent de Rock, de Pop, de Classique, et qui présente une musique qui doit faire "création", moderne, qui doit toujours s'affranchir… Comme si il n'y aurait plus d'issue pour l'avenir du jazz. Il suffit de réécouter l'ITW d'Olivier Benoit sur Culture… Un projet qui ne présente "que" le jazz (même le plus moderne) n'a aucune chance. Le nier, c'est soit méconnaître le réalité, soit être de mauvaise foi. C'est dans un contexte où le jazz est malmené, de moins en moins visible, et surtout de moins en moins bien relayé, comme je l'ai déjà dis 100 fois, que le question de la légitimité se pose. Elle se pose du côté du pole public, comme du privé, pour des raisons différentes mais qui abiment l'image qu'en on les gens tout autant.

    J'entends enfin tes nombreuses insinuations au fait que, moi aussi, je bénéficie de financement public. Je ne m'en suis jamais caché. C'est vrai que je suis tout ce débat (épuisant mais passionnant… comme je suis content de le voir enfin éclater après tant d'années d'hypocrisie sur ces questions) depuis l'Afrique où je tourne grâce au soutien de l'Institut français. C'est la première fois que cela m'arrive après 25 ans de parcours professionnel, 10 disques sous mon nom dont 9 qui ont été produit par moi-même sans aucune subventions. J'ai déposé ma candidature avec le dernier disque que j'ai enregistré l'année dernière et qui va sortir bientôt, et nous avons été retenus parce que nous avons séduis les directeurs des CCF. Je ne vois pas bien en quoi ce fait me rend illégitime à critiquer la nomination d'Olivier Benoit à la tête de l'ONJ.

    Je ne remets pas en question les aides des institutions en elles-mêmes, je remets en question toutes les aides qui vont à des musiciens qui se produisent sous le label Jazz quand ils n'en ont qu'un rapport par trop distant, voir inexistant. Qu'on change de label. Pourquoi garde-t-on le nom d'ONJ ? Moi, je m'en fou qu'il y ait un orchestre national de jazz. Je note d'ailleurs le paradoxe à me faire traiter de facho par ceux qui défendent avec l'ONJ un jazz français, un jazz national (j'ai toujours combattu cette idée que je trouve pour le coup bien pourrie).

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  54. Concernant ton financement public, il n'y a aucune insinuation, pas plus que je ne vois une traîtrise à en profiter et encore moins d'y associer le moindre devoir de réserve. Ce n'est pas parce qu'on profite parfois des impôts qu'on paie nous-même qu'on n'a pas le droit de donner notre avis sur leur utilisation globale. Je veux juste dire qu'au fond là-dessus, nous en sommes à peu près tous au même point. Bref... Encore une fois, je voudrais juste te faire comprendre mon point de vue selon lequel le mot Jazz est une chausse-trappe dans ce débat, qui se dérobera sous nos pieds à chaque fois qu'on passera dessus.
    ces inégalités de traitement que tu dénonces entre les différentes esthétiques musicales existent déjà tout autant à l'intérieur des courants eux-mêmes avant même d'avoir à être comparés entre eux. Que dire par exemple, d'un palmarès des Victoires du jazz plus souvent établi sur la viabilité médiatique ou commerciale d'un projet que sur sa qualité intrinsèque? On trouvera toujours des accords et des désaccords et il est vain de débattre de ce qu'on aime ou pas. Ce qui ne nous empêche pas de le dire, j'en conviens...
    Ce qui m'intéresse plutôt c'est le dysfonctionnement de la triangulation Culture/institution/Public. Qu'est-ce qui a fait que le jazz a perdu une relation intime au public et que l'institution est devenue l'articulation indispensable du maintien de cette relation, devenant par là-même ce filtre dont tu contestes assez justement l'arbitraire?
    Il me semblerait plus judicieux et plus urgent de discuter d'un point de vue musical stricte, non pas sur ce qui mérite ou non telle ou telle appellation mais plutôt sur ce en quoi le contenu formel propre d'une musique porte la force d'un art vivant qui puisse se partager. J'ajouterai d'emblée à cette problématique qu'il serait réducteur d'évacuer à priori par principe la dimension expérimentale d'un travail et de s'intéresser avant tout à son résultat. j'entends par là qu'on associe d'une manière trop réductrice le processus expérimental à une certaine esthétique alors que ce processus peut se trouver de manière moins directement manifeste dans d'autres champs stylistiques. Cecid'ailleurs sous entend à l'inverse qu'il ne s'agit pas non plus de revendiquer voire, justifier abusivement une volonté d'expérimentation en imitant une soi-disant esthétique qui pourrait la caractériser.

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  58. Moi j'aime bien l'extrait qui est en vidéo au début du post. Ya plein de sons sympas, une ambiance non agressive, des musiciens qui sourient. Après c'est peut être pas du jazz mais ça ne l'est ni plus ni moins que le scat de Lady Gaga sur le "Lady is a tramp" de Tony Bennett...

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  59. à ceux qui se demandent pourquoi tant de réponses anonymes...

    Certainement parce que la dernière fois qu'on a écrit sur ce blog, tous les noms avaient été mis en exergue d'une façon qui (volontairement ?) pouvait laisser penser que les personnes citées soutenaient la démarche de M. Coq. Du coup, voilà peut-être pourquoi pas mal sont plus discrets cette fois-ci...

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  60. Petite histoire agricole et jazzeuse :

    Je vais vous raconter une petite histoire.

    J’ai entendu dire qu’il y avait un musicien portant un nom de bassecour, qui a un jour commencé à semer sur une parcelle de facebook (bien étendue depuis) quelques petites graines qui, paraît-il, soit ont germé à l’envers soit se sont faites couper dès les premières pousses. Comment s’appelait-il déjà ? Ah oui, ça y est, je me souviens, un certain Laurent Coq, qui avait fait un cocorico sforzendo en écho à la nomination du future directeur de l’ONJ. Remarque, un coq qui parle au sujet d’une équipe nationale de jazz, ce n’est pas très original car le foot a bien des longueurs d’avance avec le bon et vieux coq sportif. Monsieur Coq s’est étonné d’apprendre qu’un coq plus sportif que lui dans le domaine de la direction d’orchestre (en même temps ce n’est pas trop difficile en ce qui le concerne) était nommé nouveau chef de l’ONJ parce qu’à ses yeux le peu de connaissances qu’il avait de son travail ne correspondait pas à du jazz (ou plutôt à la définition assez minimaliste de ce vaste champ musical qu’il avait en tête)… Remarque, il n’aura pas été le premier à remettre en cause le choix d’un nouveau directeur de l’ONJ car après chaque nomination, on a le droit à peu près au même refrain (pourquoi lui et pas moi ou pas un autre ?) avec les mêmes nuances et sans aucune improvisation originale. Pas très original ni créatif tout ça, on voit que la mentalité de certains musiciens n’a guère évolué depuis plus de… 25 ans comme la musique de certains d’ailleurs… Heureusement que les musiciens de jazz sont nombreux pour nous donner d’autres choses à entendre… Au fond, je respecte et reconnais le fait que le coq couillu ait osé ouvrir son grand bec sur certains points mais c’est tout de même un peu dommage qu’il l’ait fait si maladroitement car je crois qu’un jour il s’est un peu fait griller l’aile ou la cuisse auprès de certains, dont deux grands fermiers puissants reconvertis après avoir essayé d’être musicien, qui se partagent deux belles poignées des grands (entendez par là au moins une notion budgétaire) festivals de jazz de notre pays. A tien, voilà un sujet intéressant : je connaissais la concentration des pouvoirs dans le monde politique mais pas dans celui du jazz. J’en reparlerai un jour…

    Garder la bonne humeur et surtout l’humour dans ce monde de jazzeux où la cuisine se fait à toutes les sauces et non pas uniquement à la sauce américaine que je trouve parfois dégueulasse.

    Armel Bloch,
    qui reconnait au moins le fait que Laurent Coq dispose bien d’un organe masculin bien utile entre les deux jambes pour exposer à l’écrit et au débat certains sujets intéressants que très peu de monde ose entamer dans notre pays (notamment les journalistes payés ou non). C’est dommage car il y a tant de sujets à débattre sur le monde du jazz…

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  61. Vincent Bessières a attiré mon attention sur un papier paru en Août dernier dans Télérama, écrit par Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du Festival d’Avignon et de la Direction du théâtre au ministère de la Culture.

    En autre chose, il dit ceci :

    ""on assiste à un phénomène un peu malsain qui conduit les nouveaux artistes (en général à peine formés) à se précipiter dans cette radicalité, animés de la seule volonté de faire différemment, quitte d’ailleurs à méconnaître ce qui s’est fait de fort radical dans les générations précédentes !".

    À lire ici : http://www.telerama.fr/scenes/la-critique-porte-l-echec-de-la-democratisation-culturelle-selon-l-ex-directeur-du-festival-d-avignon,101332.php?fb_action_ids=10202780537263183&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=[376919502436561]&action_type_map=[%22og.recommends%22]&action_ref_map

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