Les gestes du phrasé

Une étude anglaise récemment publiée dans le Compte-rendu de l'Académie des Sciences a démontré que la grande majorité d'entre nous écoute la musique avec ses yeux plus que ses oreilles. Plus le musicien multiplie les manifestations physiques de son implication en jouant, plus il a des chances de toucher son public, peut importe finalement ce qu'il joue. C'est vrai dans le classique, malheureusement dans le jazz aussi, et ça explique bien des succès récents. 

Qu'on revienne pourtant aux rares vidéos de Charlie Parker comme celle-ci avec Coleman Hawkins où les deux hommes sont tout entiers dédiés à leur phrasé. Cette façon si naturelle et élégante - à la fois détendue et centrée - de jouer était la norme pour tous les musiciens de l'époque. Songez aux quintets de Miles Davis où chacun est quasiment immobile tout en jouant une musique explosive. Regardez Coltrane ; nul besoin de se tordre dans tous les sens pour produire un des discours les plus intenses de l'histoire de cette musique.

Je me souviens que ma vielle professeur au conservatoire d'Aix en Provence, Mademoiselle Courtin, me disait toujours qu'il ne fallait pas disperser son énergie inutilement en gestes ostentatoires parce que le phrasé exige trop de concentration. Toute cette énergie perdue, l'est avant tout pour le discours musical. Car ce que le phrasé dit, le geste n'a pas à la redire, et ça marche dans l'autre sens : le geste finit par dire ce que le discours ne parvient pas à exprimer. Plus on gesticule sur scène, moins on phrase réellement pour ne plus produire qu'un jeu saturé d'effets éculés, à l'énergie puérile et sans substance. Dans ce contexte, plus d'autre choix que d'écouter avec ses yeux.

Bien sur, la majorité des musiciens de jazz continue aujourd'hui de perpétuer cette tradition du phrasé, mais ce ne sont pas toujours ceux que vous verrez dans les festivals cet été.



Dans son journal, Julien Green a écrit ; la plupart des hommes trahissent leur jeunesse. Aucun doute à voir notre classe politique. C'est aussi pourquoi il vaut mieux toujours garder les yeux - et les oreilles - sur les jeunes, ceux-là même qui sont descendus dans les rues ces derniers jours pour rappeler à la France déboussolée des valeurs essentielles.

Voici deux films réalisés au Studio la Caisse Claire, à Sceaux, avec deux groupes que j'ai suivi dans le cadre d'un cursus Post DEM Jazz que j'anime à l'EDIM où j'enseigne. Il s'agît d'accompagner une formation déjà constituée dont au moins un membre a obtenu son DEM jazz. Nous nous voyons une fois par mois pendant huit mois et à l'issue de cette période, nous enregistrons le fruit de leur travail. Pour qu'ils puissent produire quelque chose d’intéressant, il faut évidemment qu'il y ait un engagement régulier et du travail entre chaque séance de la part des musiciens. Nombre d'entre eux ont obtenu leurs diplômes chez nous, et nous sommes fiers aujourd'hui de les voir grandir hors de nos murs.

Des groupes comme ceux-là, il en existe des centaines - des milliers ? - partout en France. Bien souvent, vous ne les entendrez pas dans les clubs mais plutôt dans des petits bars où il n'attendent que vous pour prolonger cette longue tradition d'échange.

Commentaires

  1. Bonjour, en réaction aux gestes du phrasé, j'ai envie de dire que vos arguments, pourtant bien vrais, ne vont malheureusement que dans un sens. Je pense qu'il n'y a pas de vérité unique, et que chaque musicien a sa façon de vivre la musique qu'il est en train de jouer. Les exemples de Parker et Coltrane sont irréfutables, certes, mais Miles, plus tard, cessera d'être immobile. La gestuelle de Sonny Rollins ou, dans un autre genre, de Jaco Pastorius (pour ne citer qu'eux) nuit elle à leur musique? à leur phrasé?

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  2. Oserai-je ? Allez, la réponse est OUI. Le phrasé de Miles est bien plus intéressant dans les années 60 que dans les années 80.

    Quant à Jaco Pastorius, c'est un bon exemple. On est clairement dans ce qu'on a appelé à juste titre le Jazz Rock qui est une musique bien plus démonstrative. Je ne fais pas de hiérarchie ici, mais il faut reconnaître que les nombreux live visibles sur Youtube montrent bien comment le public réagit. Souvent ces phrases sont des patterns ou des accords (difficiles techniquement sur une basse), plus que des phrases au sens où l'entendaient Charlie Parker ou Lennie Tristano. http://www.youtube.com/watch?v=JXOnhzoC-i8

    De toute façon vous trouverez plein d'exemples qui contrediront ma proposition de lier la richesse du phrasé à l'absence de démonstrations physique. Des exceptions peut-être ?

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  3. Quant à Sonny Rollins, ça façon de bouger n'est pas du tout ce à quoi je faisais référence. Ce ne sont pas les gesticulations qu'on a coutume de voir aujourd'hui sur les grandes scènes des festivals. http://www.youtube.com/watch?v=gQV8yReZQY8

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  4. Ça me fait penser à Hendrix, qui est parfois pénible à écouter en concert (parce que tout en effets de scène). Son meilleur concert, et de loin, est celui qu'on retrouve sur Band Of Gypsys, et Hendrix était quasiment immobile (concentré sur son phrasé, en effet).

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  5. Excellent exemple en effet, merci Vincent S.

    En fait, parfois j'ai l'impression que le public des grands festivals - qui a un rapport finalement assez distancié avec cette musique - n'est réceptif à la musique aujourd'hui que si il y a toute cette démonstration, ce cinéma. Si un musicien se contente de phraser comme le faisaient les maîtres cités plus haut, alors il passe pour un musicien chiant, avec lequel il ne se passe rien.

    C'est un peu comme avec le McDo finalement. Un enfant qui va tout le temps manger là-bas trouvera que les cotes de blettes, c'est chiant. Si souhaiter que les enfants soient éduqués très tôt aux bonheurs du palais et n'aillent pas au McDo, c'est être élitiste, alors je le suis.

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  6. ça dépend aussi des instruments, des musiques...

    pour prendre un exemple que je connais pas trop mal, je trouve (très généralement, encore une fois) que les violonistes classiques old school jouent un peu avec un balais dans le c.. et leur phrasé est un peu toujours le même (tout vibrant, tout très fort, très tarte à la crème). Ah c'est sûr c'est constant mais c'est chiant.

    alors que les plus actuels sont plus démonstratifs et que, d'un avis communément partagé, les interprétations sont bcp plus intéressantes, la palette utilisée est plus grande, et le phrasé n'est pas moins cohérent

    après on se heurte à la difficulté de faire des généralités, il y a sûrement des contre-exemples là aussi

    Christophe

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  7. après, pour contrebalancer ce que je disais ci-dessus, je me suis rappelé qu'il n'y a pas longtemps, il y a eu des tests assez édifiants dans un certain concours où les votes des gens qui écoutaient "à l'aveugle" étaient radicalement différents de ceux des spectateurs "complets"

    Christophe

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  8. Honnêtement, je n'adhère pas trop au ton général de ce blog titré de "révolution" alors que les propos y sont plutôt réactionnaires et conservateurs.
    Même le présent article semble s'inquiéter (à tort, à raison?) comme l'on s'inquiéterait d'une espèce animale en voie d'extinction. Sauf que la musique, elle, reste bien vivante...

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  9. Tentative de réponse...

    Décidément qu'il s'agisse de musique ou de politique (tiens c'est curieux ??!!), tout ce qui parle du passé est conservateur et réactionnaire...on parle des acquis sociaux en voie de disparition comme d'un bien car ils sont un obstacle à la résolution de la crise....ils sont qualifiés de privilèges...on en voit le résultat....chômage, précarité, pauvreté galopante.....à l'identique défendre les fondamentaux de la musique appelée historiquement jazz serait conservateur.... et donc un obstacle à l'innovation....car cette musique là est effectivement menacée de disparition..."la musique reste bien vivante" dis-tu...quelle musique?....toutes les musiques ont leur place...mais je te demanderai de nous autoriser le droit de défendre celle qui a pour nom et pour histoire le jazz sans se faire traiter de réac !!...que tout ceux et toutes celles qui jouent le répertoire soient condamnés, les grands classiques comme les standards de jazz..... Mozart comme Charlie Parker...
    JP Bailay

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    1. Ne pouvez-vous admettre que le Jazz s'inscrit dans un processus et une évolution, une histoire comme vous le rappelez vous-même... La mort du jazz que vous semblez redouter, vous êtes en train de la précipiter vous-mêmes avec ces étiquettes et les carcans historiques et stylistiques dans lesquels vous voulez l'enfermer et le cloisonner. Et je retrouve ce ton pessimiste et obscurantiste dans la plupart des articles de ce blog...

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  10. Serge,
    Je n'ai jamais nié le processus d'évolution du jazz. Ni sa diversité d'expression. Ce blog est là pour en témoigner justement. De quel ton pessimiste et obscurantiste parlez-vous ? Avez-vous lu ce qui est écrit ici ? Combien de fois n'ai-je pas mis l'accent sur le caractère exceptionnelle de l'époque que nous vivons ? Tout l'enjeu de ce espace de parole, c'est précisément de rendre justice à cette époque et à une musique qui fait trop souvent les frais des idéologues et des marchands. Avez-vous vu les vidéos de témoignages que j'ai réalisées, ou bien celles des jeunes musiciens comme celles postées dans ce dernier post ? Qui fait de l'obscurantisme ?

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  11. Pardon Laurent. Je retire effectivement le terme "obscurantiste" assez excessif. Mais dans beaucoup de vos articles, je note toutefois un certain conservatisme à l'égard de cette musique, vous semblez vouloir lui garantir une certaine "pureté identitaire". La récente nomination du nouveau directeur de l'onj semblait pour vous une limite à ne pas franchir... Idem dans votre article sur les gestes du phrasé (intéressant au demeurant), vous vous permettez un jugement sur la programmation des festivals comme quoi il n'y aurait pas (ou peu) de "vrais jazzmen" programmés, et ce ton laisse transparaître une certaine amertume de je-ne-sais-quoi... Mais peut-être pourriez-vous m'éclairer davantage à ce propos...
    Bien à vous.

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  12. Je vais redire ici ce que j'ai déjà écrit cent fois...

    Pureté identitaire ?! Je vous mets au défi de citer une seule phrase que j'ai écrite ici ou ailleurs qui pourrait un tant soit peu accréditer ce concept d'extrême droite. Il y a décidément une immense confusion. Si par exemple je suis contre le concept stupide d'United Color of Benetton (on est tous les mêmes où que le soit… en vrai, des consommateurs aliénés), je suis un facho ? J'ai toujours défendu une notion d'identité ouverte. Mais dès qu'on dit identité en jazz, on passe pour un facho. Tout le monde trouve normal que dans le Rock on revendique une certaine identité, et personne ne s'offusque qu'aucun groupe de jazz ne soit programmé dans les festivals dédiés à cette musique. Mais dans le jazz, c'est la grande auberge espagnol. Moi, ça ne me gênerait pas trop si ce n'était chaque fois au détriment de musiciens qui ont dédiés leurs vies à cette musique, et qui ont le tord de ne pas répondre aux exigences des idéologues ou des marchands.

    Tout l'enjeu des débats récents, et de nos démarches auprès de la puissance publique qui ont donné un rapport (que beaucoup de ceux qui le critiquent n'ont pas lu… et vous, l'avez-vous lu ?), c'était de redonner un peu de visibilité à toutes les musiques et les esthétiques qui rentrent dans le champ du jazz. Champ qu'il est bien difficile de définir, j'en conviens. Mais qui doit malheureusement être pris en compte quand il s'agit d'argent publique, parce que sinon, les budgets rétrécissent. C'est exactement ce qui s'est passé ces quinze dernières années, depuis que le Jazz a été intégré aux Musiques Actuelles, concept creux, sans aucun fondement historique. C'est pour cela que certains musiciens sont montés au créneau pour dire combien il y avait urgence à redéfinir un champ pour prendre en compte ces musiques dans toutes leurs diversités.

    Vous partez peut-être du principe que l'ONJ tel qu'il se présentera en 2014 est porteur de modernité pour le jazz. Ou bien que toutes les expériences de cross-over vont automatiquement faire progresser cette musique, vont la faire aller de l'avant. Moi je vois une grande forme de conservatisme dans cette prétendue modernité. Et concernant le mélange des genres, certains sont passionnants, surtout quand les genres associés sont étudiés de manière très sérieuse, mais c'est loin d'être la majorité des cas. D'autres n'ont pas d'autre intérêt que d'exciter ceux qui ont une connaissance - et un amour (aimer c'est connaître) - très superficiels du jazz. Dans les années 90, on nous expliquait que l'avenir du jazz était désormais à aller chercher dans les musiques électroniques, et que par conséquent tout groupe acoustique se plaçait de facto dans le passé. On voit ce qui l'en est aujourd'hui.

    Ma critique de la nomination du nouveau directeur est à mettre en perspective du travail accomplit pendant deux ans, travail qui n'a absolument rien donné de concret jusqu'à présent. Nous voulions justement sortir des chapelles, des dogmes, et qu'enfin le jazz soit pris en compte dans toute sa diversité. L'ONJ capte une partie considérable du budget de l'état pour cette musique, et je continue de déplorer qu'il soit attribué à des formes musicales bien trop périphériques par rapport à la grande richesse à l'oeuvre aujourd'hui sur tout le territoire. Cette nomination répond à un dogme de la modernité que je conteste.

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  13. Je partage complètement l'analyse de Laurent...quand certains ont comme seul objectif de "noyer" le jazz dans les musiques actuelles, nébuleuses aux contours flous et à l'histoire ambiguë, on se demande qui est le plus "dangereux" pour l'avenir de cette musique... c'est l'hôpital qui se fout de la charité !!!!....quand au concept de modernité, il a des relents de marchandise qui ne sentent pas bon, et ne vont certainement pas dans le sens de l'innovation et de la libération de la créativité...OUI le jazz a une histoire, une culture, en quoi cela est-il gênant ?....tiens, me revient à l'esprit une interview du tromboniste Ibrahim Maalouf que les festivals s'arrachaient cet été...voilà un musicien honnête qui répondait à l'interviewer "le jazz je n'y connais rien"....effectivement ce n'est pas cette musique qu'il offre à écouter, ce qui ne veut pas dire que c'est mauvais...je ne porte pas ce type de jugement...je peux juste dire que je n'aime pas...on pourrait disserter des heures...toute création s'inscrit dans une histoire, que ce soit la musique, la littérature, la peinture...même lorsqu'il y a rupture, et pour qu'il y ait rupture il faut qu'il y ait une histoire passée...le free jazz a été la rupture d'avec le bebop, mais le bebop est "présent" dans le free jazz...
    Quand on veut noyer son chien on l'accuse de la rage...quand on veut noyer le jazz on le rebaptise en le vidant de ses fondamentaux...on obtient alors une autre musique.. pourquoi pas ?....
    JP Bailay

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    1. Et c'est reparti... Toujours ce souci des limites à ne pas dépasser... Je ne nie pas que le jazz possède bel et bien une culture et une histoire. Mais vous semblez baliser celle-ci de façon inquiétante... L'ONJ actuel n'en ferait donc pas partie ou bien en tant que page peu glorieuse de l'histoire du jazz? Vous niez indirectement qu'Olivier Benoit possède une culture jazz (qui n'appartient qu'à lui d'ailleurs)...
      Mais je vous concède toutefois qu'il y a de moins en moins de II-V-I dans le jazz (et cela c'est scandaleux...), du moins il me semble...

      Quant à se noyer dans les musiques actuelles, le jazz n'est-il pas une musique actuelle justement? Et c'est cela-même que vous semblez lui refuser... Entre ce qui est permis et ce qui n'est pas toléré, votre position enferme le jazz et ne lui assure pas plus de vie qu'une statue de cire au musée Grévin...

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    2. Monique, à caricaturer nos propos, vous affaiblissez les vôtres. Nous ne disons pas qu'il y a d'un côté l'ONJ, et de l'autre le jazz II-V-I . Je remarque que par cette catégorisation, c'est vous qui créez des limites, car le jazz aujourd'hui est d'une bien plus grande diversité, comme je le dis et le redis à longueur de posts. Ce qui semble bien difficile à entendre par une partie de nos lecteurs, c'est justement ceci : le fait qu'il y ait dans un même moment autant d'expressions différentes, de styles et d'esthétiques qui cohabitent et que nous refusons catégoriquement de hiérarchiser. Il n'y a pas d'un côté la modernité et de l'autre la tradition, puisque avec cette musique, les deux ont toujours été imbriquées. C'est même grâce à ce processus créatif que l'on peut parler de continuum, et donc de jazz. C'est pour cela que ce mot à un sens.

      Pour en revenir à l'ONJ et son nouveau directeur, je me base sur le travail qu'il a déjà accomplit pour juger de son appartenance à la famille du jazz. Ce que j'entends c'est une tradition très européenne de la musique improvisée, très influencée par la musique contemporaine. Permettez-moi d'y voir un certain conformisme. La modernité, ce n'est pas ça. La modernité, c'est une musique qui apporte des éléments nouveaux, tant sur le plan rythmique que mélodique ou harmonique. Une fois que j'ai dis ceci, cela pose la question de sa nomination. Soit, on considère que cette musique doit être soutenue, et on nomme quelqu'un qui va contribuer à sa visibilité, soit on décide de soutenir un artiste pour lequel le jazz est une influence périphérique, parmi d'autres, et dans ce cas il faut changer le nom de cet orchestre.

      Prenez le cas du Sound Painting : Il ne suffit pas de mettre en place un langage de signe pour produire une musique nouvelle. Vous produirez un concept sur lequel vous pourrez bâtir un discours de nature à séduire les institutions, mais à l'audition, vous obtiendrez une musique qui a déjà été jouée il y a quarante ans. Le modernisme -comme le conformisme- n'est pas toujours où l'on croit. Mais le jazz étant devenu une grande auberge espagnol, règne aujourd'hui la plus grande confusion. C'est toujours frappant de voir que du côté du rock, il est de bon ton de défendre une idée très "pure" de cette musique, quand dans le jazz, ceux qui se risque à poser la question du continuum sont immédiatement traités de fachos.

      Le label des musiques actuelles a grandement contribué à produire ce malentendu. En y intégrant des musiques aux réalités très différentes, on a considérablement réduit les budgets alloués au jazz (c'était sans doute là, le principal objectif inavoué de l'opération), et avec eux la visibilité de cette musique. C'est un fait que dans les rares SMAC (salles dédiées aux MA) qui programment du jazz, on n'y trouvera quasi exclusivement que de la musique amplifiée puisque ce sont des équipements conçus pour cela. C'est ainsi que toute une part très importante de la production hexagonale en est exclue. C'est aussi un fait que pour obtenir une subvention auprès de la DRAC, il ne faut surtout pas défendre un projet strictement JAZZ. Ça ne passe pas. Il faut toujours que votre projet "s'ouvre" à d'autres musiques, rock, contemporain, pop, etc.

      Mais je le redis (j'en suis maintenant réduis à me répéter à longueur de posts), quand nous parlons de jazz, nous pensons à une multitude de courants qui ne sont pas assez représentés, ni du côté des institutions publiques (parce qu'il ne répondent pas à l'idée dogmatique qu'on s'y fait de la modernité), ni du côté du privé (parce qu'il ne répondent pas aux exigences commerciales).

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